17.12.2009

Port du foulard islamique


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15.12.2009

Nation, République, laïcité, voile intégral, prières dans la rue, identité nationale, votation suisse... La cohérence de Riposte Laïque

Riposte Laïque édito de Cyrano lundi 14 décembre 2009

 

Quand nous avons lancé cette initiative, début septembre, nous ne pensions pas être autant sollicités. Certes, nous savions que la mission parlementaire sur le voile intégral était un enjeu important, mais nous ne pouvions pas prévoir que ce débat s'élargirait à l'identité nationale, et à la votation suisse.

Nous refusons de nous laisser intimider par les hurlements de toute une partie de la gauche, qui ne sait que glapir « Le Pen, Pétain » sur le débat lancé par Eric Besson. Nous ne nous laisserons pas impressionner par le lynchage des électeurs suisses par toute une bien-pensance refusant de voir que c'est tout un peuple qui s'est saisi de cette occasion pour dire non à un prosélytisme religieux qui étend son influence de manière de plus en plus visible.

Nous nous flattons de conserver une cohérence. Nous restons pour notre part convaincus que la question de la prolifération du voile dans l'espace public qu'il confessionnalise est aussi grave que la burqa, même si celle-ci fait plus symptôme. Nous savons aussi que l'interdiction de cette dernière sera déjà un tournant dans le combat que nous menons depuis plusieurs années. La loi d'interdiction des signes religieux à l'école du 5 mars 2004 fut une première victoire, et un premier message fort contre l'offensive islamiste et la loi du silence qui l'accompagnait.

Nous partageons l'analyse du député communiste de Vénissieux, André Gerin, sur le fait que le voile intégral n'est que la face visible d'un iceberg bien plus inquiétant. Nous sommes fiers que nos rédacteurs Annie Sugier, en tant que présidente de la LDIF, Hubert Sage, au nom de l'ADLPF, et Pascal Hilout, au nom de notre journal, aient pu témoigner devant la mission parlementaire.

Nous soutenons le fait, en dehors des calculs politiciens de Sarkozy-Besson, que l'identité nationale est progressiste, tout simplement parce qu'elle recouvre les valeurs de Nation, de République, de laïcité et de l'intégration, si française précisément. Comment refuser le rapprochement entre immigration et identité nationale quand, historiquement, des strates d'immigrés, dans le creuset républicain, ont contribué à construire l'histoire de notre pays ? Nous sommes reconnaissants à notre correspondant de l'Aube, Bernard Dick, de nous avoir représenté, lors du débat à la Préfecture.

Nous soutenons mordicus la votation suisse, d'abord parce que nous respectons la souveraineté du peuple suisse, comme celle du peuple irlandais, danois, hollandais ou français, quand ils refusent le TCE. Nous approuvons ce vote en regard de tous les autres peuples européens qui s'interrogent eux aussi.

A Riposte Laïque, nous voulons réveiller les consciences. Nous pensons, et nous osons l'écrire, que l'offensive islamiste est grave, qu'elle menace notre civilisation et ses acquis progressistes. Nous osons écrire qu'elle s'apparente à un néo-colonialisme religieux. Ce dernier vise à faire disparaître l'esprit des Lumières, les conquêtes féministes et laïques, les beaux idéaux de l'identité française : la Révolution de 1789, les services publics pour tous, et la désacralisation de notre société au bénéfice de la liberté de conscience.

Le système que nous combattons à intérêt à imposer l'Islam comme valeur sacrée et incontournable, cheval de Troie du communautarisme laissant le champ libre, par les divisions qu'il provoque, au libéralisme et à la prolifération des inégalités.

Ces propos, nous les assumons dans tous les débats auxquels nous sommes conviés. Nous n'oublions pas la campagne de dénigrement et d'insultes que nous avons subies, en septembre, de la part d'associations se réclamant de la pensée libre, de la laïcité, du féminisme, ou de personnalités fortement médiatisées. Nous savons les intimidations que subissent les associations qui, faisant fi de ces calomnies, ont le courage de nous inviter.

Nous faisons plusieurs constats, au bout d'une trentaine de conférences. La majorité des auditeurs est consciente de la gravité de l'offensive islamique, et se montre inquiète de l'évolution de la France, d'ici une ou deux générations. Ils nous remercient souvent, tout en nous encourageant à ne rien lâcher !

Le racisme anti-Français, sujet tabou, est ouvertement évoquée dans nos réunions. Un de nos conférenciers nous a dit son émotion quand, à l'issue de son débat, un homme est venu le voir, les larmes aux yeux, et l'embrassant, lui a dit : « Merci pour ce que vous avez dit, je commençais à douter de moi, à craindre de devenir raciste, vous m'avez redonné confiance » ou encore, une femme exprimant : « Vraiment, vous m'avez permis de recoller les morceaux alors que tout vole en éclats ». De tels témoignages, nos conférenciers nous en racontent par dizaines, même s'ils ne sont pas tous marqués par autant d'émotion. Nous espérons, en 2010, être autant sollicités que nous l'avons été en ce dernier trimestre 2009.

Nous avons conscience d'être à l'initiative de l'élaboration d'une nouvelle pensée humaniste qui se fonde sur un combat sans concession vis-à-vis des dangers qui pèsent sur les plus beaux acquis des progrès de l'Homme dont la laïcité est un des biens les plus précieux. En face, l'islam tel qu'il se présente aujourd'hui est un péril mortel.

Nous sommes prêts à débattre, dans la transparence, sur ces questions, à l'invitation de toute association, ou de tout lecteur local de RL qui veut organiser une conférence dans sa ville.

Nous sommes également prêts à débattre avec tous nos contradicteurs, sans exception, dans un cadre qui permette une discussion sereine.

Nous pensons en effet que les enjeux de société posées par ces questions méritent bien mieux que les procès faciles reposant sur les bons sentiments qui laissent le terrain libre aux fossoyeurs de nos libertés. Il en va du sens de l'Histoire, de l'avenir de nos enfants : voulons-nous qu'ils vivent sous la loi de la République, ou sous celle d'une société où la charia se soit imposée ?

Nous avons choisi non seulement de résister, mais de construire de nouvelle réponses pour que progresse la laïcité, et nous sommes résolument prêts à nous battre pour cela.

 

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PROCHAINES CONFERENCES DE RIPOSTE LAIQUE

A Brest.

Voiles islamistes et autres signes religieux ostentatoires : trouble de l'ordre public ?

A partir de 19 h 45, à la fac Segalen.

Avec Pierre Cassen et Brigitte Bré Bayle

Soirée organisée par l'Association Familiale Laïque

Renseignements : 02 98 89 69 92

MIEUX CONNAITRE RIPOSTE LAIQUE

http://www.assemblee-nationale.fr/13/commissions/voile-in...

11.12.2009

La mode au Japon

Ce que vous allez voir plus bas ne sont pas des jupes transparentes.  Le motif est imprimé sur les jupes pour faire semblant de voir la culotte. C'est la folie au Japon !

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26.11.2009

La Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité va disparaître

La Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité est une autorité administrative indépendante créée en 2000 et chargée de veiller au respect de la déontologie des personnes exerçant, sur le territoire de la République, des activités de sécurité : - police nationale - gendarmerie nationale - administration pénitentiaire - douanes - police municipale - surveillance des transports en commun - services de sécurité privée,...

Vous avez été victime ou témoin de faits susceptibles de révéler des manquements imputables à des services de sécurité : vous pouvez saisir la CNDS, qui émettra un avis sur votre dossier. Si elle l'estime justifié, elle pourra recommander aux autorités hiérarchiques concernées d'engager des poursuites disciplinaires et préconiser des modifications de pratique professionnelle ou de réglementation.

http://www.cnds.fr/


 

La CNDS, vous connaissez ?
mardi 24 novembre 2009

par Jacques

 

La CNDS, vous connaissez ? Ça fait partie de ces "trucs" dont on apprend l'existence quand ça disparaît.

 

La Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité est une autorité administrative indépendante créée en 2000 et chargée de veiller au respect de la déontologie des personnes exerçant, sur le territoire de la République, des activités de sécurité : police nationale - gendarmerie nationale- administration pénitentiaire- douanes- police municipale- surveillance des transports en commun- services de sécurité privée,... Vaste programme.

 

On peut saisir la CNDS "si on a été victime ou témoin de faits susceptibles de révéler des manquements imputables à des services de sécurité" . Enfin, on pouvait, car le gouvernement de sa majesté Zébulon (comme aime a l'appeler Christophe Allévèque) a décidé de la supprimer (Info au journal de 7 h ce matin sur Fr. inter . Sera-t-elle présente aux autres éditions ?...). Dans son dernier rapport remis au petit président en 2009, voilà-t-il pas que cette Commission ose pointer du doigt : les violences en prison, les gardes à vue inadaptées ou abusives , les fouilles systématiques "au-corps", les reconduites à la frontière et l'organisation des centres de rétention ...Non mais, y en a, j'vous jure ; c'est un repaire de gauchiste, ou quoi, cette CNDS ?

 

Cette décision s'ajoute à celle qui vient de supprimer, dans l'indifférence générale, la "Défenseure des enfants" (créée la même année) qui avait critiqué la remise en cause des spécificités du droit pénal applicable aux enfants et précisément condamné le projet de loi prévoyant un emprisonnement dès l'âge de 12 ans, et les conditions faites aux enfants dans les centres de rétention où on les enferme avec leurs parents . Et ça, l'année où l'on fête les 20 ans de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant !

 

Rappelons que la France a été condamnée pour cette même raison par Amnesty International et la Convention Européenne des droits de l'Homme ! Et tout ça se passe en catimini, comme tous les méfaits honteux. Ça va surement provoquer moins de remous que le match France-Irlande et sans doute moins d'indignation. Et par quoi on va remplacer ces deux institutions ? Par une seule : "Un Défenseur des Droits" nommé par Zébulon soi-même ! Alléluia !

 

À quand une Commission chargée de nous protéger de la "maltraitance institutionnelle" ?

 

Digérez bien l'info et portez-vous bien. J.B.

 

J'ai passé intégralement, textuellement, le coup de colère du copain Jacques, il a tout dit....

 

De : via Michel Mengneau

mardi 24 novembre 2009

 

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article94528

C.N.D.S : Commision Nationale de Déontologie de la sécurité

www.cnds.fr/

 

Rapports annuels

Les avis 2009

Comment la saisir

Composition Présentation

Adresses utiles

Rapports spéciaux

Mission

 

http://www.cnds.fr/avis/avis_2009.html

 

Projet du Défenseur des droits :

"danger pour les libertés",

selon la CNDS

 

AFP 23.11.09

 

La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) estime, dans un rapport d'activité publié mardi, que sa suppression au profit d'un nouveau "Défenseur des droits" "comporte des dangers sérieux pour la protection des libertés".

 

La CNDS, créée en 2000 pour veiller au respect de la déontologie par les forces de sécurité (policiers, gendarmes, surveillants de prison etc), juge dans ce document que "le risque d'un affaiblissement du contrôle" de ces forces est "très important", si la CNDS est remplacée par "une institution n'offrant pas les mêmes garanties".

 

Selon un projet de loi présenté en conseil des ministres le 9 septembre, le nouveau poste de "Défenseurs des droits" regroupera les attributions actuellement dévolues au Médiateur de la République, au Défenseur des enfants et à la CNDS.

 

Les auteurs du rapport, qui fait le bilan des huit années d'existence de la Commission, contestent les arguments avancés pour justifier cette évolution.

 

La CNDS actuelle "disposant d'un budget très réduit, les économies réalisées seraient minimes". Elle réfute également l'argument d'une plus grande "lisibilité": "perdues dans la masse des affaires" traitées par le futur Défenseur des droits, "les questions de sécurité pourraient bien passer inaperçues".

 

La CNDS craint encore que la nouvelle instance, faute d'une composition indépendante et multidisciplinaire, ne puisse "plus mener un examen approfondi des dossiers et exercer un contrôle impartial".

 

Actuellement, le président de la CNDS, nommé par décret du chef de l'Etat est entouré de 14 membres d'horizons divers (avocats, magistrats, universitaires, anciens policiers etc). Le Défenseur des droits sera assisté de deux collèges de trois personnalités.

 

Seuls la préservation de cette collégialité, le renforcement des pouvoirs d'enquête, l'augmentation des moyens financiers et humains de la nouvelle institution, un effort de communication pour accroître sa notoriété constitueraient "des garanties fortes pour préserver l'action" de la CNDS, selon le rapport.

 

Une action dont l'utilité ne se dément pas: depuis la création de la CNDS, "des affaires révèlent la persistance de pratiques inacceptables et de dysfonctionnements aux graves conséquences", note le rapport.

 

"Les manquements dénoncés ne sont pas nécessairement le fait de « moutons noirs », qui seraient toujours de simples cas isolés : bien souvent, des problèmes structurels d'organisation sont à l'origine des dérives constatées", poursuit le document.

 

"À cela s'ajoute la pression exercée sur les personnels de sécurité par les objectifs chiffrés : la culture du résultat est sans doute à l'origine de manquements déontologiques".

 

Les saisines de la Commission n'ont cessé d'augmenter : 19 affaires enregistrées en 2001, 152 en 2008, 158 dans les huit premiers mois de 2009.

 

Elles renvoient à des faits d'une gravité variable, allant d'un contrôle d'identité injustifié à des cas de décès au moment de l'interpellation, de suicide en maison d'arrêt en passant par les conditions de garde-à-vue ou de rétention administrative.

 

Après instruction approfondie de chaque dossier, des "avis" ou "recommandations" peuvent être adoptés: ils signalent aux autorités compétentes les manquements à la déontologie et exigent de leur part une réponse.

 

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-40983384@7-4...

 

Pourquoi détruire la Commission de déontologie de la sécurité ?

24 Novembre 2009 Par Les invités de Mediapart

 

La commission nationale de déontologie et de sécurité (CNDS) présente, mardi 24 novembre, le bilan de huit années d'activité alors que le pouvoir a choisi de supprimer cette autorité indépendante au profit d'un futur «défenseur des droits». Nathalie Duhamel, qui en fut secrétaire générale de sa création au 1er septembre 2009, explique pour qui la prochaine institution doit absolument se voir garantir un minimum d'indépendance, de collégialité et de moyens véritables, pour que tout ne soit pas perdu, invisible noyé dans un immense bureau des plaintes.


Le projet de loi organique relatif aux pouvoirs du Défenseur des droits a été présenté au conseil des ministres du 9  septembre 2009 en vue de son adoption par le parlement.


Créée lors du vote de la dernière réforme constitutionnelle, cette nouvelle autorité administrative indépendante  donne à toute personne s'estimant lésée dans ses droits et libertés par le fonctionnement d'une administration publique, le pouvoir de le saisir directement d'une réclamation.


Le Défenseur des droits regroupera les attributions actuelles du Médiateur de la République, de la CNDS (Commission nationale de déontologie de la sécurité) et du Défenseur des enfants. Cette institution a été conçue à l'origine pour regrouper toutes les autorités administratives de même nature. Mais la HALDE et le contrôleur général des lieux de privation de liberté ont échappé momentanément à  cette fusion-acquisition.


Il est exact que plusieurs attributions nouvelles constituent une avancée pour la défense des droits et libertés : la saisine directe, sans intermédiaire, par toute personne sur le territoire de la République, la possibilité de conclure une transaction dont les termes doivent être exécutés par toute autorité administrative, la possibilité de saisir l'autorité disciplinaire susceptible de sanctionner l'agent public fautif.


Mais ce projet de loi recèle aussi des reculs importants par rapport aux pouvoirs actuels de certaines Autorités Administratives Indépendantes. Ainsi, le Défenseur des droits disposera du pouvoir de classement des réclamations, sans être tenu d'en indiquer les motifs. Cette disposition, si elle devait être maintenue, serait le premier moyen pour le défenseur des droits ou ses délégués en province d'évacuer de manière arbitraire toute réclamation gênante.


Un autre article prévoit que lorsqu'il est saisi autrement qu'à l'initiative de la personne lésée, le Défenseur des droits ne peut intervenir qu'à la condition que cette personne, si elle est identifiée, ou le cas échéant, ses ayants droit ont été avertis et ne se sont pas opposés à son intervention. Cette limitation empêchera de nombreuses saisines. Ainsi, dans le domaine de la sécurité, les parlementaires saisissent aujourd'hui de leur propre chef la Commission nationale de déontologie de la sécurité, lorsqu'ils sont choqués par une situation lors d'une manifestation sur la voie publique, ou par des incidents dans un centre de rétention ou une prison. Cette  limite dans les pouvoirs des parlementaires s'exercera aussi pour les associations de défense des libertés.


Mais la plus grande  erreur de ce texte est la volonté de faire table rase des expériences réussies.


9 ans après sa création,  malgré des moyens matériels et humains dérisoires en comparaison avec ceux des instances européennes comparables, malgré un nom imprononçable et sans aucune publicité, la commission nationale de déontologie de la sécurité a démontré, avis après avis, la pertinence de ses méthodes d'investigation, l'objectivité de ses jugements et le bien fondé de ses recommandations.

La CNDS n'a  jamais été autant saisie de dysfonctionnements présumés par les personnes exerçant des activités de sécurité qu'en 2009. Dès le mois d'août, le nombre de saisines parvenues depuis le 1er janvier dépassait le nombre de l'année entière 2008. Modalités des contrôles d'identité, menottage abusif, gardes à vue et fouilles à corps inutiles, blessures par Tazer ou flash-ball lors de manifestations, conditions d'expulsion de personnes sans-papiers, conditions de détention, suicides en prison, tels sont les motifs les plus nombreux des réclamations qui lui parviennent .


Bien que son savoir faire pour enquêter et son indépendance soient reconnus par les principaux acteurs de la défense des libertés publiques, tel que le commissaire européen aux droits de l'homme, le comité contre la torture des Nations Unies, Amnesty International, la Ligue des droits de l'homme, la Cimade, le gouvernement balaie, avec la rédaction d'un seul article,  toute l'expérience acquise.


En effet, seul l'article 11 du projet de loi rappelle l'existence de la CNDS ou du moins ses attributions: « Lorsque le Défenseur des droits est saisi d'une réclamation  en matière de déontologie de la sécurité, il consulte un collège composé de trois personnalités désignées  respectivement par le président de la République, le président de l'Assemblée nationale et le président du Sénat à raison de leur compétence dans le domaine de la sécurité ».


Or, l'indépendance et la collégialité sont les caractéristiques majeures de la CNDS. Nommés    ou cooptés, ses 14 membres viennent d'horizons différents; la diversité de leurs parcours est mise au service de l'institution entraînant, lors des séances plénières, des discussions animées et l'adoption d'avis  mûrement pesés et motivés. C'est ainsi qu'en 2008 pour 60% des dossiers, la CNDS a estimé qu'un dysfonctionnement ou un manquement plus grave a eu lieu et a transmis des recommandations aux administrations tandis  que pour 40% d'entre eux, elle a estimé qu'aucun manquement à la déontologie n'était  relevé, ce qui revenait à débouter le plaignant.


Ces chiffres reflètent l'objectivité de  l'instruction des dossiers. Il est malheureusement à craindre qu'ils aient été à l'origine de la suppression de l'institution. Car, malgré les nombreuses pressions et avatars auxquelles elles a dû faire face, elle a su maintenir le cap, n'étant pas créée pour plaire aux pouvoirs, qu'ils soient de droite ou de gauche, mais pour préserver les libertés individuelles de chacun face aux abus potentiels des forces de sécurité.


Un État démocratique se juge souvent à l'aune des contre pouvoirs qu'il met en place. La création du Défenseur des droits, présentée comme une avancée majeure, en raison de son inscription dans la Constitution, doit être un vrai contre-pouvoir et non pas un immense bureau des plaintes traitées par des agents sans compétences spécifiques.


Jeune institution, la CNDS  doit être améliorée, renforcée pour être mieux connue du grand public et instruire les dossiers dans des délais plus rapide. La détruire est un mauvais signal donné aux forces de l'ordre et aux agents de l'administration pénitentiaire, le signal d'un affaiblissement de l'État de droit.

 

http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-media...

La commission nationale de déontologie de la sécurité défend son bilan

AP | 24.11.2009

 

La Commission nationale de la déontologie de la sécurité (CNDS) avertit que sa suppression "comporte des dangers sérieux pour la protection des libertés et un risque de recul des garanties démocratiques". Dans un rapport publié mardi, la CNDS, chargée de contrôler l'action des services de la police, de la gendarmerie et l'administration pénitentiaire, défend ainsi le bilan de ses huit années d'activité.

 

Cette prise de position intervient avant l'examen du projet de loi organique relatif à la création du Défenseur des droits dont les attributions devraient comprendre celles aujourd'hui exercées par le Médiateur de la République, le Défenseur des enfants et la Commission nationale de déontologie de la sécurité. Ce Défenseur des droits serait nommé en Conseil des Ministres.

 

"Cette nouvelle organisation n'offre aucune des garanties d'indépendance qui tenaient au mode de désignation" des membres de la CNDS, souligne le rapport de la commission, qui comprend quatre parlementaires, des représentants du Conseil d'Etat, de la Cour de Cassation et de la Cour des comptes et six personnalités qualifiées choisies par les autres membres. Créée par une loi de juin 2000, l'instance peut être saisie par un parlementaire, le Premier ministre, le Médiateur de la République, le Président de la HALDE, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté ou le Défenseur des enfants.

 

La Commission est chargée de contrôler l'action des services de la police, de la gendarmerie, de l'administration pénitentiaire et pointe lorsque cela est le cas les manquements à la déontologie et les fautes éventuelles de ces services. Si elle émet des avis et des recommandations, elle ne dispose pas d'un pouvoir de sanction.

 

D'après le rapport, les saisines de la CNDS sont en constante augmentation : 19 affaires ont été enregistrées en 2001, 152 l'ont été en 2008, 158 dans les huit premiers mois de 2009.

 

Les dossiers renvoient à des faits d'une gravité variable, allant d'un contrôle d'identité injustifié à des cas de décès au moment de l'interpellation ou de suicide en maison d'arrêt. Même si la proportion des saisines concernant l'administration pénitentiaire a augmenté depuis 2001, les affaires impliquant les fonctionnaires de la police nationale sont majoritaires.

 

Ainsi pour l'année 2008, 147 dossiers ont été traités, dont 106 concernant la police nationale, 18 l'administration pénitentiaire, 13 la gendarmerie nationale, six la police municipale, un les douanes, un autre des services privés de sécurité.

 

Ces 147 dossiers ont donné lieu à 44 décisions d'irrecevabilité (dues à un classement sans suite ou une saisine hors délai ou hors compétence) et 103 avis. Parmi ces 103 avis, 62 relèvent des manquements à la déontologie, contrairement aux 41 autres dans lesquels la Commission n'a pas constaté de manquement.

 

Une telle proportion (60% d'avis dénonçant un manquement) est relativement constante depuis les débuts de la CNDS qui est présidée par un magistrat. "Le pourcentage d'affaires ne relevant aucune erreur suffit à démontrer le souci d'objectivité et à écarter le reproche, parfois entendu, de partialité en faveur des plaignants", indique le rapport.

 

Selon la CNDS, la compétence du Défenseur des droits pour les questions de sécurité pourrait bien passer "inaperçue". Elle serait "perdue dans la masse des affaires toutes différentes dont s'occupe le Médiateur de la République, qui ne sont guère comparables aux dossiers traités par la Commission", explique le rapport de la CNDS. Déplorant le manque de moyens humains et financiers, la CNDS rappelle qu'elle ne dispose que d'un budget de 780.000 euros contre 450.000 en 2002 alors que le nombre d'affaires à traiter a été multiplié par quatre. Elle demande aux parlementaires que son "originalité" soit préservée et que ses pouvoirs, ou celui de l'organisme qui la remplacera, soient renforcés.

 

Elle souhaite en effet que la communication sur cet organe de recours soit développée par exemple en prévoyant un affichage dans les mairies, les commissariats, les gendarmeries, et les lieux de privation de liberté. AP

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/societe/20091124....

24.11.2009

Le fossé se creuse entre pays riches et pays pauvres

 

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C'est vraiment trop injuste !

10.11.2009

Les salaires des hommes politiques et des élus

Les salaires des hommes politiques

Sources : S-Planet, Quid

Président de la République, Premier ministre, maires, députés… Quels salaires touchent-ils ? Nous vous dévoilons tout sur la rémunération des politiques et leurs avantages.

1. 1. Nicolas Sarkozy, président de la République

Salaire net : 19 508,21 euros net par mois

Le 6 novembre 2009, le député PS Jean Launay exposait à l'Assemblée Nationale son rapport sur les crédits alloués à l'Elysée pour l'année 2010, comprenant le nouveau salaire du Président de la République. En 2010, son salaire sera de 21 133,37 euros brut mensuels auxquels s'ajouteront 4 226,22 euros d'indemnités de fonction, soit un salaire net mensuel de 19 508,21 euros.

Fin 2007, Nicolas Sarkozy s’était lui-même augmenté de 172 % pour aligner son salaire sur celui du Premier ministre, François Fillon. La rémunération nette mensuelle du chef de l’Etat était ainsi passée de 7 500 euros à 19 331 euros.

A savoir : c’est le président lui-même qui fixe son salaire au sein de la dotation de l’Elysée.

Avantages : Logé à l’Elysée, le président de la République ne débourse rien. Il dispose, entre autres, de frais de représentation (qui lui permettent de se vêtir, de payer ses communications…). Tous ses déplacements sont pris en charge, il a d’ailleurs un parc automobile dédié ainsi que 15 avions privés et trois hélicoptères. Il dispose également de nombreuses résidences .

Le budget de l’Elysée : Après la polémique sur l’augmentation de salaire du chef de l’Etat voici celle du budget de l’Elysée qui flirte en 2009 avec les 110 millions d’euros soit une hausse de 9 %. Surtout cette augmentation s’est faite en catimini par un décret de transfert de crédits et non pas par un vote du Parlement dans le cadre de la loi de finances rectificative. Un procédé beaucoup plus transparent.

La retraite des anciens présidents : La loi du 3 avril 1955 stipule que les anciens présidents de la République se voient attribuer une « dotation annuelle égale au traitement indiciaire brut d'un conseiller d'État en service ordinaire » soit 63 000 euros brut par an. Cette indemnité est cumulable avec celle de membre de droit du Conseil constitutionnel : 12 000 euros par mois. Ces deux indemnités sont également cumulables avec celles d’anciens mandats. Pour exemple la retraite de Jacques Chirac est estimée à 30 000 euros par mois.

L’Etat met également à disposition des anciens chefs d’Etat, un logement, une voiture et du personnel (secrétaires, gardes du corps…).

2. François Fillon, Premier ministre

Le salaire net : 18 659,71 euros net par mois dont 14 577,77 euros pour la rémunération de base plus une indemnité de fonction de 4 081,94 euros.

Ces deux rémunérations sont cumulables avec des indemnités de mandats locaux. Elles sont toutefois plafonnées à 1,5 fois le traitement ministériel.

Avantages : En plus de son salaire, le Premier ministre touche une indemnité dite de représentation qui prend en charge les frais de restauration, de téléphonie, ou des vêtements.

Le Premier ministre bénéficie d’un logement de fonction à Matignon, il a également à sa disposition plusieurs voitures de fonction avec chauffeur en plus d’un accès gratuit à tous les transports du réseau SNCF en première classe ainsi qu’aux transports aériens. Les factures téléphoniques ainsi que les frais pour le courrier sont également pris en charge.

Notez que comme le président de la République, le Premier ministre a plusieurs résidences secondaires.

A savoir : Le Premier ministre peut continuer à toucher son traitement pendant 6 mois après avoir quitté Matignon s’il ne retrouve pas d’emploi.

Source : Quid.fr

3. Les ministres

Le salaire net :12 661,21 euros net par mois dont 9 939,92 euros de salaire de base et 2 721,29 d’indemnités de fonction.

Avantages : En plus de son salaire, un ministre touche, à l’instar du Premier ministre, une indemnité dite de représentation qui prend en charge les frais de restauration, de téléphonie et vêtements.

Un ministre français a également à sa disposition un parc automobile avec chauffeur pour ses déplacements, ainsi qu’un accès gratuit au réseau SNCF en première classe.

Concernant le logement, un ministre a droit à un logement de fonction de 80 mètres carrés au maximum auxquels s’ajoutent 20 mètres carrés par enfants à charge.

Sont notamment concernés : Jean-Louis Borloo (Ecologie), Michèle Alliot-Marie (Intérieur), Bernard Kouchner (Affaires étrangères), Xavier Darcos (Education Nationale)…

Source : Quid.fr

4. Député

Salaire net : 5 132,27 euros net par mois.

Avantages : Un député bénéficie d’une carte SNCF nominative de circulation gratuite en 1re classe sur tout le réseau français. Sur Paris et en région parisienne, il a également à sa disposition plusieurs voitures de fonction ainsi qu’un quota de déplacements aériens.

Ses frais de restauration sont pris en charge et l’Assemblée dispose également d’un droit de réservation qui permet d’acquérir un logement ou une permanence.

Concernant les frais de télécommunications des députés, ils sont entièrement pris en charge lorsque les communications sont émises depuis l'Assemblée. De plus, les députés peuvent obtenir un forfait global de communication : prise en charge de quatre lignes, dont deux portables et abonnement Internet. De même pour leur courrier, qui est affranchi par l'Assemblée.

Sont notamment concernés : Patrick Balkany, François Bayrou, Jean-François Copé, Laurent Fabius, Noël Mamère…

Source : Quid.fr

5. Sénateur

Salaire net : 5 334,18 euros nets par mois

Avantages : Un sénateur peut bénéficier de frais de représentation (prise en charge de frais relatifs à la tenue vestimentaire, à la restauration…), et d’un emprunt pour l'achat d'un logement et d'une voiture. Il dispose aussi de facilités postales, téléphoniques et de transports.

Sont notamment concernés : Jean-Pierre Chevènement, Charles Pasqua, Jean-Pierre Raffarin.

Source : Circulaire du 9 octobre 2008 de la direction générale des collectivités locales

6. Député européen

La rémunération des députés européens est de 6 735 euros brut en moyenne. Mais elle diffère selon les pays. Le calcul des indemnités des députés européens se fait sur la base de celle des parlementaires de chaque pays.

Indemnité mensuelle par pays :

Allemagne : 7 009 euros sur 12 mois

Autriche : 7 537,70 euros sur 14 mois

Belgique : 6 001,46 euros sur 12 mois

Bulgarie : NC

Chypre : 4 080 euros

Danemark : 5 814 euros sur 12 mois

Espagne : 2 818,85 euros sur 14 mois

Estonie : 1 922 euros

Finlande : 4 970 euros sur 12 mois

France : 6 769,39 euros sur 12 mois

Grande Bretagne : 6 865 euros sur 12 mois

Grèce : 5 275 euros sur 14 mois

Hongrie : 840 euros

Irlande : 6 975,58 euros sur 12 mois

Italie : 12 434,62 euros sur 12 mois

Lettonie : 1 075 euros

Lituanie : 1 182 euros sur 12 mois

Luxembourg : 4 907 euros

Malte : 1 314 euros sur 13 mois

Pays-Bas : 5 565,23 euros sur 12 mois

Pologne : 2 338 euros

Portugal : 3 448,97 euros sur 14 mois

Roumanie : NC

République Tchèque : 1 300 euros sur 13 mois

Slovaquie : 888 euros

Slovénie : 4 155 euros

Suède : 5 142 euros sur 12 mois

Avantages : Les députés européens ont droit à une indemnité forfaitaire de voyage (dont une indemnité de distance) destinée à dédommager leurs déplacements à l’étranger au prorata du nombre de kilomètres parcouru. Ils ont également une autre indemnité de voyage prévue pour leurs déplacements hors d’Europe dans l'exercice du mandat qui est de 3 736 euros par an.

Les députés européens bénéficient également d’une indemnité journalière de 268 euros pour prendre en charge leurs frais de restauration et de logement et d’une indemnité, dite de frais de représentation de 3 785 par mois.

Sont notamment concernés : Elisabeth Morin, Philippe de Villiers, Benoît Hamon

Source Quid.fr

7. Maire

Un maire touche des indemnités de fonction fixées par le conseil municipal en fonction du nombre d’habitants de la commune. Le conseil municipal fixe également l’indemnité des adjoints au maire (plafonnée à 40 % de l’indemnité du maire).

5441, 10 euros par mois pour une ville de 100 000 habitants et plus. Bertrand Delanoë (Paris), Jean-Claude Gaudin (Marseille), Gérard Collomb (Lyon), Alain Juppé (Bordeaux), Martine Aubry (Lille), Jean-Luc Moudenc (Toulouse), Jean-Marc Ayrault (Nantes), François Rebsamen (Dijon)

4127, 73 euros par mois pour une ville de 50 000 à 99 999 habitants. François Baroin, maire de Troyes (Aube), Marie-Josée Roig, maire d’Avignon (Vaucluse), François d’Aubert, maire de Laval (Mayenne), Bernard Brochand, maire de Cannes (Alpes-Maritimes).

3 377, 24 euros par mois pour une ville de 20 à 49 999 habitants. Noël Mamère, maire de Bègles-Bordeaux (Gironde) Jean-François Copé, maire de Meaux (Seine-et-Marne)

2 439, 11 euros par mois pour une ville de 10 000 à 19 999 habitants. François Hollande, maire de Tulle

2063, 87 euros par mois pour une ville de 3 500 à 9 999 habitants. Gaëtan Gorce, maire de La Charité-sur-Loire (Nièvre)

1613, 57 euros par mois pour une ville 1 000 à 3 499 habitants. Hervé Morin, maire d’Epaignes (Eure)

1163, 27 euros par mois pour une ville de 500 à 999 habitants. Jean Auclair, maire de Cressat (Creuse)

637, 92 euros par mois pour une ville de moins de 5 000 habitants. Jean Lassalle, maire de Lourdios-Ichère (Pyrénées-Atlantique)

Avantages : Frais de représentation qui peuvent aller jusqu’à plusieurs milliers d’euros par an.

Certains maires de grandes villes, comme Paris par exemple, ont droit à une voiture de fonction avec chauffeur, à l’affranchissement gratuit du courrier, ainsi qu’à la prise en charge de la restauration et des frais de transport.

Source : Circulaire du 9 octobre 2008 de la direction générale des collectivités locales

8. Adjoint au maire

Indemnité de fonction :

2720, 55 euros environ par mois pour une ville de plus de 200 000 habitants.

2476, 64 euros environ par mois pour une ville de 100 000 à 200 000 habitants.

1651,09 euros environ par mois pour une ville de 50 000 à 99 999 habitants.

1238,32 euros environ par mois pour une ville de 20 à 49 999 habitants.

1031,93 euros environ par mois pour une ville de 10 000 à 19 999 habitants.

825,55 euros environ par mois pour une ville de 3 500 à 9 999 habitants.

619,16 euros environ par mois pour une ville de 1 000 à 3 499 habitants.

309,58 euros environ par mois pour une ville de 500 à 999 habitants.

247, 66 euros environ par mois pour une ville de moins de 5 00 habitants.

Avantages : Tout comme le maire, l’adjoint au maire peut avoir droit à des frais de représentation.

Dans les très petites communes, il arrive cependant qu’un adjoint au maire renonce à ses indemnités afin de ne pas empiéter sur le budget de la commune.

Sont notamment concernés : Yamina Benguigui (Paris), Roland Blum (Marseille), Philippe Tournebize (Lyon), Hugues Martin (Bordeaux).

Source : Circulaire du 9 octobre 2008 de la direction générale des collectivités locales

9. Conseiller municipal

Indemnité de fonction : 225,15 euros par mois

Avantages : Un conseiller municipal n’a comme avantage que le remboursement des frais qu’il engage pour sa fonction (déplacements, restauration…) en dehors de sa place réservée sur le parking de la mairie !

Source : Circulaire du 9 octobre 2008 de la direction générale des collectivités locales

10. Président du conseil général

Indemnité de fonction : 5441,10 €

Avantages : Le président du conseil général a droit à des frais de représentation permettant de dédommager les frais engendrés pour sa fonction (déplacements, télécommunications, affranchissement du courrier). Ces frais de représentation sont pris en charge par la collectivité.

Sont notamment concernés : Bertrand Delanoë (Paris), François Hollande (Corrèze), Henri Emmanuelli (Landes), Patrick Devedjian (Hauts-de-Seine).

Source : Circulaire du 9 octobre 2008 de la direction générale des collectivités locales

11. Vice-président du conseil général

Le vice-président du conseil général touche une indemnité de conseiller majorée à 40 %. Ainsi, les indemnités de fonction d’un vice-président de conseil général sont de :

3677,44 euros pour un département de 1,25 million d’habitants et plus.

3414,54 euros pour un département à moins de 1 million à moins de 1,25 millions d’habitants.

3 152,09 euros pour un département à moins de 500 000 à moins d’un million d’habitants.

2 626,74 euros pour un département de moins de 250 000 à 500 000 habitants.

2 101,39 euros pour un département de moins de 250 000 habitants.

Sont notamment concernés : Isabelle Balkany (Hauts-de-Seine).

Source : Circulaire du 9 octobre 2008 de la direction générale des collectivités locales

12. Conseiller général

L’indemnité de fonction d’un conseiller général varie en fonction de la population de son département :

2626,74 euros pour un département de 1,25 million d’habitants et plus.

2439,11 euros pour un département à moins de 1 million à moins de 1,25 million d’habitants.

2 251,49 euros pour un département à moins de 500 000 à moins d’un million d’habitants.

1876,24 euros pour un département de moins de 250 000 à 500 000 habitants.

1500,99 euros pour un département de moins de 250 000 habitants.

Sont notamment concernés : François Kosciusko-Morizet (Hauts-de-Seine).

Source : Circulaire du 9 octobre 2008 de la direction générale des collectivités locales

13. Président du conseil régional

Indemnité de fonction : 5441,10 €

Avantages : Le président du conseil régional a droit à des frais de représentation permettant de dédommager les dépenses engendrées par sa fonction (déplacements, télécommunications, affranchissement du courrier). Ces frais de représentation sont pris en charge par la collectivité.

Sont notamment concernés : Ségolène Royal (Poitou-Charentes), Jean-Paul Huchon (Ile-de-France), Jean-Jack Queyranne (Rhônes-Alpes), Claude Gewerec (Picardie).

Source : Circulaire du 9 octobre 2008 de la direction générale des collectivités locales

14. Vice-président du conseil régional

Indemnités de fonction :

3677,44 euros dans une région de 3 millions d’habitants et plus.

3 152,09 euros dans une région de 2 millions à moins de 3 millions d’habitants.

2 626,74 euros dans une région de 1 million à moins de 2 millions d’habitants.

2 101,39 euros dans une région de moins d’un million d’habitants.

Sont notamment concernés : Marie-Pierre de La Gontrie (Paris), Alain Hayot (PACA).

Source : Circulaire du 9 octobre 2008 de la direction générale des collectivités locales

15. Conseiller régional

Indemnité de fonction :

1500, 99 euros dans une région de moins d’un million d’habitants.

1876,24 euros dans une région de 1 million à moins de 2 millions d’habitants.

2251,49 euros dans une région de 2 millions à moins de 3 millions d’habitants.

2626,74 euros dans une région de 3 millions d’habitants et plus.

Sont notamment concernés : Valérie Pécresse (Ile-de-France),

Source : Circulaire du 9 octobre 2008 de la direction générale des collectivités locales

02.11.2009

Besson et les tests ADN


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17.10.2009

les Nanotech : c’est ÉNORME

La révolution de l’infiniment petit

les Nanotech : c’est ÉNORME

Capable de travailler à l’échelle d’un milliardième de millimètre, les scientifiques vont pouvoir agir au cœur de la matière et améliorer radicalement les performances de l’informatique, de la médecine, de la sécurité ou des transports.

LES PERSPECTIVES INFINIES DES NANOTECHNOLOGIES

LA RÉVOLUTION DE L'INFINIMENT PETIT

L'homme serait-il en passe de devenir l'égal de Dieu ? Il ne s'agit pas de science-fiction. L'enjeu de la révolution nanotechnologique est vertigineux. La science peut aujourd'hui travailler à l'échelle du nanomètre, du milliardième de mètre, à l'échelle de l'atome. Nouveaux matériaux ultrasolides, écrans plats enroulables, médicaments intelligents..., seraient ainsi rendus possibles. Les nanotechnologies vont devenir notre quotidien et nul n'en connaît encore les risques.

Par Isabelle SORENTE - LE MONDE 2

L'homme qui s'avance n'a rien de singulier, au premier abord. Mais, si l'on est indiscret, on découvre certains détails curieux. Avant de sortir, il a pris soin de placer sa « boîte noire » dans une poche de sa veste : comme celle des avions, ladite boite va enregistrer tous ses faits, gestes et dires au cours de la journée. Grâce à cette extension de mémoire, plus de souvenirs flous. Bien qu'un peu hypocondriaque, notre homme marche d'un pas tranquille : des nanorobots circulant dans son corps contrôlent le bon état de ses artères et luttent contre les processus de vieillissement. Des capteurs l'informent en permanence de son état physique ainsi que de la qualité de l'environnement. Le catastrophisme des médias ne devrait plus lui casser le moral : on sait maintenant détecter les risques d'épidémies, endémies et autres grippes de la volaille qui, il y a vingt ans encore, faisaient la « une » de la presse papier et en ligne. Notre homme va travailler avec un ordinateur portable qui ne pèse plus rien, monte dans une voiture qui ne pollue plus, porte des vêtements qui se nettoient tout seuls... Parfois, il se demande avec angoisse si les machines ont encore besoin de lui. Cet homme-là, celui de demain (2020, 2030 ?) vit à l'heure des nanotechnologies.

À vrai dire, nous y sommes déjà. Nous sommes entrés dans une nouvelle ère industrielle. Les applications des nanotechnologies touchent tous les domaines : informatique, biologie, médecine, information et communication, sécurité, sciences cognitives, environnement, matériaux de construction, transports... De quoi est-il question ?

Les nanotechnologies permettent d'agir sur la matière de l'intérieur, de modifier sa structure en intervenant sur la disposition des atomes qui la composent. Elles permettent de modifier certains mécanismes cellulaires. Les scientifiques cherchent aujourd'hui à construire des matériaux atome par atome, exactement comme on bâtirait une maison brique par brique. Comment cela est-il possible ? Avec le constant progrès de la miniaturisation, on sait aujourd'hui travailler à l'échelle du nanomètre ou milliardième de mètre. C'est justement la taille de l'atome (1 dixième de nanomètre), de notre ADN (10 nanomètres), des protéines (20 nanomètres).

La révolution qui s'annonce est au moins comparable à celle qu'opéra en son temps l'informatique. Les gouvernements ne s'y trompent pas. Les budgets publics consacrés aux nanotechnologies, aux Etats-Unis comme en Europe, se chiffrent depuis quatre ans en centaines de millions d'euros. L'Union européenne a prévu de consacrer 1,3 milliard d'euros aux nanotechnologies à partir de 2003. En 2005, les investissements des gouvernements des Etats-Unis, d'Europe et d'Asie ont atteint 3 milliards d'euros. À cela s'ajoutent les investissements privés... La National Science Foundation (NSF) américaine estime que le marché mondial des nanotechnologies atteindra 1000 milliards de dollars en 2015. Aucun pays ne veut prendre du retard dans cette course, de crainte de voir son industrie dépassée. Car une triple révolution s'annonce : technologique, médicale et environnementale.

UNE NOUVELLE ÉLECTRONIQUE

En matière de miniaturisation et d'électronique, le tournant est radical. S'il devient possible de coder l'information sur quelques nanomètres, nos ordinateurs portables paraîtront demain aussi encombrants et vétustes que les ordinateurs d'entreprise des années 1960, qui occupaient des pièces entières. Et une smart dust, (poussière intelligente) composée de nanoparticules pulvérisées dans une pièce pourra enregistrer une conversation à notre insu...

« La miniaturisation permet d'envisager une boîte noire individuelle qui enregistrerait la vie de son porteur. Celui-ci pourrait ainsi fouiller dans sa mémoire ».

Louis Laurent, Agence nationale de la recherche

Mais les nanotechnologies ne se bornent pas à un saut dans la miniaturisation. Travailler à l'échelle du nanomètre nous rend capables d'imiter la nature lorsqu'elle assemble des molécules. Modifier la matière ou fabriquer du nouveau : nous voici presque devenus des créateurs. Lorsque les nanomatériaux copient la nature - comme certains revêtements autonettoyants inspirés de la structure de la feuille de lotus, que la pluie ne salit pas - on parle de biomimétisme. Quand les scientifiques envisagent de mettre au point des organes artificiels, travaillent sur l'interface cerveau-machine ou sur des globules rouges capables de faire tenir des apnées de vingt-quatre heures, on utilise l'expression « human enhancement »: l'humain augmenté.

Cette évolution de la technologie tient à plusieurs découvertes majeures qui en vingt ans ont rendu possible la manipulation de la matière à l'échelle atomique. En 1981, deux chercheurs d'IBM découvrent le microscope à « effet tunnel » permettant d'observer - mais aussi de déplacer - les atomes un par un à la surface de matériaux conducteurs ; ils recevront le prix Nobel de physique pour cette invention.

En 1985, le chimiste américain Richard Smalley découvre les « fullerènes », qui lui valent un prix Nobel en 1996. Qu'est-ce qu'un « fullerène » ? Un cristal de carbone avec un design nouveau. Jusque-là, on ne connaissait que deux formes cristallines du carbone : le graphite et le diamant. Les fullerènes, eux, présentent une forme de sphère. Quel rapport avec les nanotechnologies ? C'est qu'à partir de cette sphère de carbone un chercheur japonais, Sumio Iijima, va synthétiser en 1991 un matériau de taille nanométrique encore jamais observé dans la nature : le nanotube de carbone. Imaginer un cylindre, fermé de chaque côté par deux sphères, sur lesquelles sont disposés les atomes de carbone. Un diamètre de quelques nanomètres, une longueur qui peut être mille fois plus grande. Les nanotubes de carbone sont à ce jour les matériaux les plus résistants sur Terre : cent fois plus que l'acier, mais six fois plus légers. Plus résistants que le Kevlar et le fil d'araignée. On envisage de les tisser dans les gilets pare-balles. Pour ces mêmes propriétés, résistance et légèreté, on utilise déjà des nanotubes de carbone pour la fabrication de raquettes de tennis et de clubs de golf, en remplacement de la fibre de carbone traditionnelle. Les nanotubes sont conducteurs, ce qui permet d'envisager des nanofils électriques pour fabriquer des écrans plats de télévision ou d'ordinateurs : plats mais aussi enroulables ou repliables. Et en matière d'électronique, les nanotubes de carbone semi-conducteurs pourraient ouvrir la voie à des transistors de taille moléculaire... et aux machines qui vont avec.

« Les processeurs en silicium actuellement utilisés sur les ordinateurs, explique Louis Laurent, directeur du programme « Matière et information » de l'Agence nationale de la recherche, atteindront bientôt les limites de leur miniaturisation. En employant des nanomatériaux, comme les nanotubes de carbone, on pourra fabriquer des processeurs beaucoup plus petits et rapides. On fabrique déjà des transistors de taille moléculaire dans les laboratoires. Mais avant de passer à une électronique moléculaire viable au plan industriel, il faudra résoudre des difficultés spécifiques à la dimension nanométrique, comme celle de positionner des composants aussi petits à la bonne place. Le silicium n'est donc pas près d'être abandonné. Les électroniciens envisagent dans un premier temps des solutions hybrides, comme des nanotubes de carbone intégrés dans des circuits en silicium. »

En matière de codes-barres également, les nanotechnologies vont permettre de faire plus petit et moins cher. Aujourd'hui, les puces électroniques RFID - un code-barres lisible à distance, comme le passe Navigo de la RATP - permettent déjà d'identifier des marchandises sans les sortir de leurs conteneurs. D'où une gestion des stocks plus rapide et sans faille, qui a conduit certaines chaînes de supermarchés américains à les adopter. Les associations de consommateurs se sont alarmées de ce que le RFID inséré dans un objet permette de localiser son acheteur, ou d'observer à son insu ses habitudes de consommation... Lorsqu'une étiquette RFID ne coûtera plus que quelques centimes, le moindre produit manufacturé pourra en être équipé. Concrètement, le passage de la micro à la nanotechnologie signifie que, demain, ce n'est plus seulement la carte bancaire, le téléphone portable ou l'ordinateur qui seront capables de délivrer des informations permettant de nous identifier ou de nous localiser, mais potentiellement tous les objets de notre entourage.

« La miniaturisation permet d'envisager des accessoires inédits, reprend Louis Laurent, comme une boîte noire individuelle. De la taille d'un téléphone portable, elle enregistrerait la vie de son porteur - par exemple, le son et une image par seconde. Elle fonctionnerait en permanence, retenant le moindre incident. Dotée d'un moteur de recherche puissant, elle serait capable de retrouver une scène è partir d'indications vagues, comme "la dernière fois que j'ai mangé des huîtres ?". Le propriétaire d'untel dispositif pourrait fouiller dans sa mémoire, rejouer ses souvenirs ou léguer ce patrimoine individuel numérique... » La boîte noire individuelle ou la fin de l'oubli ?

LA MÉDECINE DU FUTUR

Si la rencontre des nanotechnologies et des technologies de l'information ouvre des perspectives dignes du film Matrix, que dire des applications en biotechnologie ? Les chercheurs réfléchissent à des « médicaments intelligents » permettant de cibler des cellules malignes. Louis Laurent donne l'exemple de nanoparticules sur lesquelles on greffe des molécules qui ont tendance à se fixer sur certaines tumeurs. Une fois arrimées sur les cellules cancéreuses, les nanoparticules permettent de les traiter sélectivement - par chauffage avec un laser ou en les agitant par champ électromagnétique - sans dommage pour les cellules saines. Les premiers essais sur des animaux ont permis de résorber des tumeurs. Ce genre de techniques pourraient un jour rejoindre l'arsenal thérapeutique destiné à lutter contre le cancer.

Dans le domaine de la réparation médicale et des prothèses, Louis Laurent évoque pour le long terme la « rétine artificielle » ou encore des systèmes informatisés - à l'étude aujourd'hui - capables de stimuler les muscles pour reproduire la marche chez un paraplégique. « Les stimulateurs cardiaques, les implants cochléaires pour traiter la surdité consistent déjà à implanter une machine minuscule dans le corps quand les organes sont irréversiblement endommagés, précise-t-il. Ici encore, nous passons de la microtechnologie à la nanotechnologie. Les nanotechnologies permettent de faire plus petit, donc plus précis et mieux toléré. »

Plus surprenant encore en matière de réparation, la « médecine régénérative ». En travaillant à l'échelle nanométrique, on peut concevoir des matériaux à la fois biodégradables et capables de stimuler la croissance des tissus vivants. Alan Russell, responsable de la médecine régénérative à l'université de Pittsburgh, travaille sur la production de tissus sains : ils seraient développés à l'extérieur du corps avant d'y être insérés. Il réfléchit à un utérus capable de féconder. Au sujet de la régénération d'organes manquants, il déclare : « Si un triton peut le faire, pourquoi pas nous ! » Certains sites Internet imaginent les applications militaires, des soldats blessés dont les membres pourraient se « reconstituer ». Science-fiction ? « C'est le vieux rêve de la salamandre, répond Louis Laurent. Bien sûr, nous sommes très loin de saisir toute la complexité de la machinerie du vivant. Le fonctionnement d'une simple cellule nous dépasse. Mais nous comprenons assez certains mécanismes élémentaires pour les modifier. »

Ainsi, les nanotechnologies nous soigneront. Elles augmenteront les performances de nos ordinateurs. Elles ralentiront notre vieillissement. Mais elles agiront aussi sur notre environnement.

LA PRÉVENTION DES RISQUES ENVIRONNEMENTAUX

Du fait de leurs petites dimensions, les nanoparticules peuvent absorber des volumes de gaz importants sur une surface réduite. Cela permettra, par exemple, une plus grande efficacité du filtrage des polluants ou des pots catalytiques des véhicules. Déjà utilisées, les puces à ADN ou à protéines, dites biopuces, peuvent diagnostiquer en quelques heures la présence de bactéries dans l'eau ou l'air, en détectant des brins d'ADN complémentaires de ceux fixés sur la puce. Les biopuces sont utilisées par la Lyonnaise des eaux pour contrôler la qualité de l'eau, avec des résultats plus fins que les contrôles classiques.

La puce à ADN peut servir à endiguer les épidémies, en détectant plus rapidement la présence de virus. L'accent a été mis sur ces recherches au moment du SRAS. Il y a quelques mois, l'université du Colorado a annoncé qu'elle disposait d'une flu chip, puce capable d'identifier une souche de grippe en onze heures, contre quatre à cinq jours par les méthodes actuelles qui nécessitent une phase de culture en laboratoire. Les biopuces pourraient servir à contrôler la chaîne alimentaire ou à identifier la présence d'OGM dans les aliments. Et, en cas de conflit, servir à détecter une attaque bactériologique ou chimique...

Les nanotechnologies, révolution technologique, médicale, environnementale : peut-on parler d'un changement de civilisation ?

VERS UNE NOUVELLE CIVILISATION

Lorsque le niveau d'observation atteint celui de l'atome, les différences entre chimie, biologie et physique s'estompent. Les technologies convergent. C'est ce qu'on appelle la convergence NBIC, « nanotechnologies, biotechnologies, technologies de l'information, sciences cognitives ». Dans son rapport officiel de 2002 - Converging Technologies for Improving Human Performances, technologies convergentes pour l'amélioration des performances humaines, disponible sur le Net - la National Science Foundation (NSF) américaine, à l'origine du concept NBIC, n'hésite pas à employer le terme de « changement de civilisation ».

Cette convergence des technologies est révolutionnaire. Elle permet d'envisager à court terme un essor des communications, des soins médicaux et, en matière de développement durable, la création de matériaux recyclables ou capables de disparaître sans engendrer de pollution. Et, surtout, selon le rapport d'experts de 450 pages de la NSF, la convergence nanotechnologies-biotechnologies rend possible l'« amélioration des performances humaines » : un homme en meilleure santé, grâce à des nanorobots circulant dans son corps pour vérifier le bon état de ses artères, lutter contre le vieillissement ; un employé exemplaire aux capacités cognitives augmentées par des « interfaces cerveau-machine », capable d'apprentissage accéléré ; un soldat idéal enfin, pour les fonctionnaires de la Darpa (Defense Advanced Research Project Agency, l'agence de recherche militaire américaine) cités dans le rapport, qui estiment que « sur la scène de la guerre moderne, l'humain est devenu le maillon faible tant d'un point de vue physiologique cognitif ». Lorsque « les systèmes militaires sont limités dans leur performance par l'incapacité du corps humain à tolérer des hauts niveaux de température (...) au bien par les besoins humains en air, eau et nourriture », l'humain augmenté semble s'imposer.

Le rapport de la NSF envisage même des interconnexions entre cerveaux humains, mis en réseau comme des ordinateurs, pour créer un nouveau type de conscience collective. Ce rêve d'homme - ou de surhomme bionique n'est pas étranger à l'idéologie d'un mouvement international nommé « transhumanisme ». Les transhumanistes se donnent pour mission d'accélérer grâce aux technologies le passage à la prochaine étape de l'évolution, où des « humains augmentés » auront remplacé les hommes actuels. D'où le terme de « transhumain », humain en transition.

Quel lien avec le rapport de la National Science Foundation américaine sur la convergence NBIC ? William Bainbridge, l'un de ses deux rédacteurs, haut fonctionnaire coresponsable de l'initiative américaine sur les nanotechnologies, se trouve être l'un des chefs de file du mouvement transhumaniste.

QUELS SONT LES RISQUES ?

Alors, faut-il ouvrir une start-up sans attendre et fabriquer des nanomatériaux pour faire fortune ? Pas sûr. N'oublions pas que nous sommes en train de créer des matériaux inconnus, résistants et invisibles ! Et que le scandale de l'amiante et la polémique sur les OGM ont rendu les décideurs et les investisseurs prudents. Dès 2000 aux Etats-Unis, le président Bill Canton prévoyait que 1 % du budget de la recherche « nano » irait aux réflexions éthiques et sociales. L'Union européenne a également entamé une réflexion sur les aspects éthiques et l'évaluation des risques : citons les projets ELSA et Nanosafe. Malgré cela, les industriels, notamment américains, n'investissent pas autant qu'ils le pourraient dans ces technologies nouvelles, Pourquoi ? Une question les taraude : et si les nanomatériaux, malgré toutes leurs promesses, étaient rejetés par le public ? Signe de cette inquiétude, L'Oréal a retiré de ses publicités une référence aux nanoparticules, présentes aujourd'hui dans plusieurs marques d'écrans solaires. Signe des temps encore, la première conférence internationale sur la nanotoxicité, « Nanotox 2006 », a eu lieu en janvier 2006 en Floride. De quoi a-t-on parlé ?

Située dernière la gare Montparnasse, l'association Ecrin a pour mission de rapprocher les laboratoires et les industries afin de favoriser l'innovation. Il y règne une ambiance dynamique, presque joyeuse. Eric Charikane, la trentaine, responsable du programme « Risques » explique : « Le souci des toxicologues, c'est que les nanotubes de carbone présentent des formes allongées, exactement comme les particules d'amiante susceptibles de pénétrer dans le poumon. Les toxicologues planchent pour évaluer le risque, mais les résultats des premières études se montrent contradictoires. Dans le doute, la solution envisagée est celle du confinement : les opérateurs ne doivent pas être amenés à respirer les "poussières" de nanotubes. Concrètement, cela signifie : pas d'aérosols et éventuellement des protections étanches. Une fois l'objet fabriqué, les particules "fixées" dans le revêtement ou le composant ne sont plus censées s'échapper. »

Le confinement suffirait à évacuer la question du risque toxique ? « Pas entièrement, répond Eric Charikane. Le problème, ensuite, est de suivre l'objet jusqu'en fin de vie. Comment empêcher quelqu'un de limer sa raquette de tennis ou de faire un trou dans un mur ? » Pour lui, les assureurs, échaudés par le scandale de l'amiante, jouent un rôle de garde-fou. Les industriels doivent les convaincre de couvrir les technologies qu'ils proposent, pour ne pas prendre le risque d'un rejet institutionnel.

Méditons un instant sur la perplexité de l'assureur - ou de l'investisseur - face au calcul de risque. Quelle équation coût-avantage pourrait évaluer une révolution technologique de cette ampleur, affecter un signe « + » ou « - » à un changement de civilisation ? Quelle analyse de risque décidera de l'opportunité d'un futur homme bionique ?

Dans son livre Petite métaphysique des tsunamis (Seuil, 2005), le philosophe français Jean-Pierre Dupuy offre cette énigme, en forme de koan zen : « Un malin génie rendit visite au Premier ministre d'un certain pays et lui proposa le marché suivant : "Je sais que votre économie est languissante. Je suis désireux de vous aider à la raffermir. Je puis mettre à votre disposition une invention technologique fabuleuse, qui doublera votre production intérieure brute et le nombre d'emplois disponibles. Mais il y a un prix à payer. Je demanderai chaque année la vie de 20 000 de vos concitoyens, dont une forte proportion de jeunes gens et de jeunes filles." Le Premier ministre recula d'effroi et renvoya son visiteur sur-le-champ. Il venait de rejeter l'invention de l'automobile."

LE MONDE 2 — N° 115 — 29 avril 2006

QUI A PEUR DU « GREY GOO » ?

Aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, la littérature de science-Fiction a contribué au débat sur les nanotechnologies, bien plus connu du grand public américain que français. Dès 1986, Eric Drexler, doctorant en intelligence artificielle de l'université américaine Massachusetts Institute of Technology (MIT), décrivait dans un livre (Engines of Creation) mêlant science et science-fiction une révolution technologique basée sur la maîtrise de la matière à l'échelle nanométrique. Dans la partie la plus futuriste du livre. il prévoit le développement de nanomachines capables de se reproduire elles-mêmes, tout comme les cellules d'un organisme et de créer à leur tour d'autres nanostructures.

Le livre a suscité aux Etats-Unis de nombreuses controverses, les scientifiques accusant Drexler d'exagération et de délire. Si Drexler est aujourd'hui désavoué par la communauté scientifique, c'est pourtant son ouvrage et le lobbying de son Foresight Institute qui sont à l'origine des centaines de millions de dollars que le gouvernement américain a fait pleuvoir dès 2000 sur les laboratoires. Certes. Drexler décrit un futur d'abondance où les nanotechnologies résolvent pratiquement tous nos problèmes de pollution, santé, et vieillissement... Mais il n'hésite pas nos plus à mettre le public en garde, allant jusqu'à envisager l'hypothèse d'une « écophagie mondiale », ou grey goo (la « gelée grise »): les nanomachines se reproduisent anarchiquement, saturant bientôt tout l'environnement naturel. Bien sûr, le risque de grey goo ne peut être pris au sérieux qu'à condition de croire aux nanomachines autoréplicantes. Leur faisabilité a été contestée par la plupart des scientifiques, dont le Prix Nobel Richard Smalley. Alors, rassurés ? Il faut croire que le Sénat américain ne l'est pas tout à fait : dans son 21st Century Nanotechnology Research and Development Act, il demande officiellement qu'on étudie le risque de reproduction anarchique des nanomachines ...

Quant au prince Charles, il aurait été alerté sur les dangers des nanotechnologies par la lecture du best-seller de Michael Crichton, Prey, où l'auteur de Jurassic Park, partant d'un scénario de grey goo, imagine des nanomachines dévorant les humains pour se reproduire. L'inquiétude du prince - exprimée au moment où Tony Blair venait de lancer un ambitieux programme de recherche en nanotechnologies - a permis de lancer une étude de grande qualité sur le risque, publiée en 2004 par les deux académies royales anglaises (la Société royale et l'Académie royale des technologies).

LE MONDE 2 — N° 115 — 29 avril 2006

LE CHERCHEUR JEAN-PIERRE DUPUY :

« NOUS ENTRONS DANS UNE PHASE D'INCERTITUDE RADICALE »

Professeur de philosophie sociale et politique à l'Ecole Polytechnique et à l'université Stanford, Jean-Pierre Dupuy creuse depuis vingt ans les sujets de société « incorrects » : la théorie de la justice dans le libéralisme, la catastrophe cachée derrière la modernité, l'impact des technologies sur la pensée et la société. Son dernier ouvrage, Retour de Tchernobyl : Journal d'un homme en colère, est paru le 20 avril au Seuil, pour l'anniversaire de la catastrophe.

Expert écouté sur les questions de précaution, membre de l'Académie des technologies, Jean-Pierre Dupuy s'intéresse aux nanotechnologies depuis leur lancement. En plus d'un rapport d'expertise coécrit avec Françoise Roure pour Les ministères de l'industrie et de la recherche (« Les nanotechnologies : éthique et prospective industrielle », disponible sur le Net :

www.cgm.org/themes/deveco/develop/nanofinal.pdf ,

il a participé à la rédaction de la réponse européenne sur la convergence NBIC. « Pour un philosophe, les nanotechnologies sont un sujet idéal, dit-il. Elles soulèvent les questions de philosophie des sciences les plus avancées, la question de l'éthique, du risque et de l’incertain ... »

Nous sommes dans sa bibliothèque, face à un tableau représentant Cassandre - cadeau d'un ami malicieux. Que pense-t-il de l’« amélioration des performances humaines » décrite dans le rapport de la NSF américaine ? Faut-il croire en cet homme qui ne connaît plus de pertes de mémoire et a à peine besoin de sommeil ? Et si l'homme « augmenté » devient réalité, sera-t-il encore un homme ? « Personne n'est aujourd'hui capable de prévoir l'aboutissement réel des recherches sur l'humain augmenté », explique-t-il. En revanche, il me semble essentiel d'analyser le rêve qui sous-tend l'idée d'amélioration des performances humaines. Le vieux rêve d'échapper au monde terrestre, de décrocher la lune, a bel et bien permis de conquérir l'espace. Le philosophe Popper appelle cela le "programme métaphysique de recherche", qui précède toute découverte scientifique. Le rêve à l’oeuvre dans les nanobiotechnologies ne se limite pas à l'homme - ou au surhomme bionique, il est plus radical encore. Il s'agit de devenir Dieu. De passer du "bricolage" hasardeux des espèces dans l'évolution à celui du "design" de la nature entière, avec l'homme dans le rôle du Créateur d'objets vivants et, comme tels, incontrôlables. Il faut bien prendre la mesure de ce bouleversement. Désormais, le principe de précaution ne s'applique plus. Quand le savant cherche à imiter la vie, il souhaite implicitement que sa création lui échappe. Il ne craint pas l'incertitude, il l'appelle de tous ses voeux. Il faut avoir conscience de cela, avec la manipulation de la matière à son niveau élémentaire, nous entrons dans une phase d'incertitude radicale. »

Certaines applications militaires des nanotechnologies font frémir : des particules intelligentes capables de cibler des populations entières selon leur génotype deviennent imaginables. « Ce serait le nec plus ultra de la purification ethnique, reprend le philosophe. Depuis Hiroshima, nous ne pouvons plus ignorer que la neutralité de la science est un mythe, qui relève de la pure irresponsabilité. La vraie responsabilité pour les scientifiques est de mettre la science à la portée du public, d'accepter un débat en temps réel avec la société sur le sens de leurs recherches, avant que la question ne se pose plus. »

Entre les rayonnages de la bibliothèque de Jean-Pierre Dupuy, le tableau de Cassandre semble nous sourire.

LE MONDE 2 — N° 115 — 29 avril 2006

30.09.2009

Prime de résultats aux médecins

 

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14.09.2009

La scientologie pourrait échapper à la dissolution

Une modification de la loi empêcherait de dissoudre une secte pour escroquerie, selon la Miviludes

L'église de Scientologie pourrait ne pas être dissoute à cause de cette modification, affirme la Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).

Le 15 juin, le ministère public a requis devant le tribunal correctionnel de Paris la dissolution des deux principales structures de la Scientologie, dans une affaire d'escroquerie.

Dans un communiqué à l'AFP, la Miviludes écrit avoir "découvert avec consternation la suppression de la peine de dissolution d'une personne morale en  matière d'escroquerie, votée le 12 mai 2009, dans le cadre d'une loi de simplification du droit". La loi a été promulguée le 13 mai. Elle dit en avoir "informé les pouvoirs publics compétents".

Elle craint que cette modification législative, "intervenue  sans débat", rende "inopérantes les réquisitions du Parquet de Paris contre des structures de l'Eglise de Scientologie".

"Face à des organisations à caractère sectaire présentant un réel danger pour l'ordre public et la santé publique, la justice doit toujours pouvoir  disposer d'une telle mesure", avertit le président de la Miviludes Georges Fenech.

L'avocat des parties civiles au procès de la Scientologie, Me Olivier Morice, a écrit à la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie pour dénoncer la modification législative.

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