19.10.2009

Comment qui causent dans le journal !

 

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Jean Sarkozy pourra garer son scooter !


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The Beatles Rockband Intro

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18.10.2009

Choisissez votre radar !

Au radar installé dans une camionnette de la DDE…

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préférez le radar des studios Denis
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Assemblée générale des actionnaires de Carrefour


 

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On recherche…

AVIS !
Le Centre Médico Psycho-Pédagogique Sochaux-Montbéliard, le CMPP, prépare son 50ème anniversaire ...
Les organisateurs veulent inviter tous les personnels qui ont oeuvré dans cette institution depuis 1959 !
Ils recherchent les coordonnées de Roger VIENOT, instituteur, et André SARTORI, psychologue scolaire ...
Qui peut aider à les retrouver ?
Merci ...
JM@

Radars : ce qui vous attend en 2010

Radars : ce qui vous attend en 2010

Par Romain Rivière - Planète Mag 13 octobre 2009

Installation de centaines de nouvelles cabines, suppression des panneaux annonçant les radars, arrivée de radars contrôlant les distance de sécurité... Découvrez toutes les nouveautés radars prévues pour 2010 !

1 - 530 nouveaux radars en 2010

C’est officiel, pas moins de 530 nouveaux radars fixes seront installés en France l’année prochaine, selon le secrétaire d’Etat aux transports Dominique Bussereau.

Ils viendront ainsi renforcer la troupe de près de 1 400 appareils déjà installés sur les routes.
"Nous devons continuer à lutter contre la mortalité sur les routes", justifie Dominique Bussereau. Prudence, il annonce également une sévérité accrue !

2 - Des radars sur les feux et les passages à niveau

Le secrétaire d’Etat aux transports Dominique Bussereau a précisé que les 530 nouveaux radars seraient principalement installés sur les feux rouges et les passages à niveau.

Quelques appareils équipent déjà ces sites dits critiques pour la sécurité, mais vont se développer et se généraliser au fur et à mesure.
Plus question de griller un feu rouge, ni même orange. Si le gendarme n’est pas là, le flash se chargera de vous le rappeler !

3 - Contrôleurs de distance de sécurité

L’annonce des 530 nouveaux radars n’est pas arrivée seule. En effet, de nouvelles fonctionnalités ont été dévoilées.

Parmi lesquelles, la mise en place, à titre expérimental dans les tunnels d’abord, de radars capables de calculer les distances de sécurité entre les véhicules !

4 - Des radars qui contrôlent plusieurs voies en même temps !

Les nouveaux radars qui arriveront en 2010 seront, pour certains d’entre eux, capables de surveiller simultanément plusieurs voies.

Ainsi, deux véhicules roulant de front au-delà de la limite autorisée pourront être flashés en même temps !
La technologie marque un point face aux conducteurs qui roulaient côte à côte à des vitesses excessives.

 

5 - La fin des flashs ?

Non seulement les nouveaux radars installés en 2010 seront équipés de nouvelles fonctionnalités, mais ils se feront également plus discrets.

Vous pourrez vous faire surprendre sans même le remarquer, puisque certains de ces radars n’auront plus de flashs !

Ils céderont la place à un dispositif infrarouge, selon nos confrères d’Auto Plus. Fini l’éblouissement, c’est certain. Mais fini également le caractère préventif des machines...

 

6 - Des contrôles automatiques de gabarits

En 2010, les nouveaux radars pourront également repérer les véhicules en fonction de leur gabarit.

Un utilitaire limité à une vitesse inférieure en raison de son poids, ou encore un poids lourd, roulant au-delà de la vitesse autorisée, pourra ainsi être "photographié".

7 - La fin des panneaux de prévention ?

Le débat autour de la suppression des panneaux d’indication des radars pourrait bien refaire surface. Déjà évoquée en 2007, la mesure avait été envisagée dans un contexte d’assagissement des conducteurs.

Certes, les derniers chiffres de la sécurité routière ne sont pas positifs*, mais avec la démocratisation des radars et les objectifs financiers de l’Etat, le principe ne serait pas surprenant. Les associations d’automobilistes s’y opposent encore.

*Pour le mois de septembre 2009, le nombre de décès sur les routes françaises est passé de 334 à 393, soit une hausse de près de 17 % par rapport à 2008.

8 - 'Faire du chiffre'...

Parallèlement aux radars fixes, les radars mobiles se multiplient. Eloi, 26 ans et déjà retraité de la gendarmerie, témoigne : "On nous demandait de faire du chiffre, coûte que coûte !". Découragé par cette mentalité, il a quitté l’uniforme après deux ans de service.
Un discours qui témoigne davantage de la volonté de l’Etat de renflouer les caisses que de sécuriser les routes.

La limitation de vitesse est-elle la clé de la sécurité ? Pas si sûr ! Nos voisins allemands, affichent un taux de mortalité au volant bien plus faible qu’en France, alors que la vitesse n'est pas limitée sur les autoroutes allemandes...

9 - 110 km/h sur autoroute

Est-ce dans un souci de sécurité ou de rémunération ? Quoi qu’il en soit, le réseau autoroutier de Lorraine (180 km) est limité, depuis début octobre, à 110 km/h.


Une pratique qui pourrait se généraliser, au grand dam des conducteurs. D’autant que la tolérance des radars pourrait également diminuer, ce qui laisserait une marge de vitesse moindre et augmenterait significativement le nombre de contrôles d’infractions.

 

10 - Où va l'argent des radars ?

Les recettes des radars devaient initialement être entièrement reversées à la Sécurité routière.
Or, selon Hervé Mariton, député à l’Assemblée nationale et auteur d’un rapport sur le sujet, seuls 200 millions d’euros sur les 450 millions récoltés en 2008 ont été reversés à la Sécurité routière.

Le reste a été distribué aux collectivités ou aux communes pour des projets d'infrastructures dont le lien avec la sécurité sur les routes reste à démontrer.

11 - Le taux de mortalité toujours en hausse

Malgré ces mesures, les chiffres de la Sécurité routière ne sont pas flatteurs. Pour le mois de septembre, le nombre de décès sur les routes françaises est passé de 334 à 393, soit une hausse de près de 17 % par rapport à 2008.

Pour lutter contre les mauvais résultats de la sécurité routière, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a également demandé aux préfets, début octobre, de renforcer les contrôles la nuit et les fins de semaines.
L'usage renforcé des radars mobiles a ainsi été prôné. Les deux-roues seront particulièrement surveillés.

Prendre les rennes…

Attention, Noël approche !

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Dans la même colonne du même article,
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pas trop gêné, l'auteur de l'article !
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17.10.2009

les Nanotech : c’est ÉNORME

La révolution de l’infiniment petit

les Nanotech : c’est ÉNORME

Capable de travailler à l’échelle d’un milliardième de millimètre, les scientifiques vont pouvoir agir au cœur de la matière et améliorer radicalement les performances de l’informatique, de la médecine, de la sécurité ou des transports.

LES PERSPECTIVES INFINIES DES NANOTECHNOLOGIES

LA RÉVOLUTION DE L'INFINIMENT PETIT

L'homme serait-il en passe de devenir l'égal de Dieu ? Il ne s'agit pas de science-fiction. L'enjeu de la révolution nanotechnologique est vertigineux. La science peut aujourd'hui travailler à l'échelle du nanomètre, du milliardième de mètre, à l'échelle de l'atome. Nouveaux matériaux ultrasolides, écrans plats enroulables, médicaments intelligents..., seraient ainsi rendus possibles. Les nanotechnologies vont devenir notre quotidien et nul n'en connaît encore les risques.

Par Isabelle SORENTE - LE MONDE 2

L'homme qui s'avance n'a rien de singulier, au premier abord. Mais, si l'on est indiscret, on découvre certains détails curieux. Avant de sortir, il a pris soin de placer sa « boîte noire » dans une poche de sa veste : comme celle des avions, ladite boite va enregistrer tous ses faits, gestes et dires au cours de la journée. Grâce à cette extension de mémoire, plus de souvenirs flous. Bien qu'un peu hypocondriaque, notre homme marche d'un pas tranquille : des nanorobots circulant dans son corps contrôlent le bon état de ses artères et luttent contre les processus de vieillissement. Des capteurs l'informent en permanence de son état physique ainsi que de la qualité de l'environnement. Le catastrophisme des médias ne devrait plus lui casser le moral : on sait maintenant détecter les risques d'épidémies, endémies et autres grippes de la volaille qui, il y a vingt ans encore, faisaient la « une » de la presse papier et en ligne. Notre homme va travailler avec un ordinateur portable qui ne pèse plus rien, monte dans une voiture qui ne pollue plus, porte des vêtements qui se nettoient tout seuls... Parfois, il se demande avec angoisse si les machines ont encore besoin de lui. Cet homme-là, celui de demain (2020, 2030 ?) vit à l'heure des nanotechnologies.

À vrai dire, nous y sommes déjà. Nous sommes entrés dans une nouvelle ère industrielle. Les applications des nanotechnologies touchent tous les domaines : informatique, biologie, médecine, information et communication, sécurité, sciences cognitives, environnement, matériaux de construction, transports... De quoi est-il question ?

Les nanotechnologies permettent d'agir sur la matière de l'intérieur, de modifier sa structure en intervenant sur la disposition des atomes qui la composent. Elles permettent de modifier certains mécanismes cellulaires. Les scientifiques cherchent aujourd'hui à construire des matériaux atome par atome, exactement comme on bâtirait une maison brique par brique. Comment cela est-il possible ? Avec le constant progrès de la miniaturisation, on sait aujourd'hui travailler à l'échelle du nanomètre ou milliardième de mètre. C'est justement la taille de l'atome (1 dixième de nanomètre), de notre ADN (10 nanomètres), des protéines (20 nanomètres).

La révolution qui s'annonce est au moins comparable à celle qu'opéra en son temps l'informatique. Les gouvernements ne s'y trompent pas. Les budgets publics consacrés aux nanotechnologies, aux Etats-Unis comme en Europe, se chiffrent depuis quatre ans en centaines de millions d'euros. L'Union européenne a prévu de consacrer 1,3 milliard d'euros aux nanotechnologies à partir de 2003. En 2005, les investissements des gouvernements des Etats-Unis, d'Europe et d'Asie ont atteint 3 milliards d'euros. À cela s'ajoutent les investissements privés... La National Science Foundation (NSF) américaine estime que le marché mondial des nanotechnologies atteindra 1000 milliards de dollars en 2015. Aucun pays ne veut prendre du retard dans cette course, de crainte de voir son industrie dépassée. Car une triple révolution s'annonce : technologique, médicale et environnementale.

UNE NOUVELLE ÉLECTRONIQUE

En matière de miniaturisation et d'électronique, le tournant est radical. S'il devient possible de coder l'information sur quelques nanomètres, nos ordinateurs portables paraîtront demain aussi encombrants et vétustes que les ordinateurs d'entreprise des années 1960, qui occupaient des pièces entières. Et une smart dust, (poussière intelligente) composée de nanoparticules pulvérisées dans une pièce pourra enregistrer une conversation à notre insu...

« La miniaturisation permet d'envisager une boîte noire individuelle qui enregistrerait la vie de son porteur. Celui-ci pourrait ainsi fouiller dans sa mémoire ».

Louis Laurent, Agence nationale de la recherche

Mais les nanotechnologies ne se bornent pas à un saut dans la miniaturisation. Travailler à l'échelle du nanomètre nous rend capables d'imiter la nature lorsqu'elle assemble des molécules. Modifier la matière ou fabriquer du nouveau : nous voici presque devenus des créateurs. Lorsque les nanomatériaux copient la nature - comme certains revêtements autonettoyants inspirés de la structure de la feuille de lotus, que la pluie ne salit pas - on parle de biomimétisme. Quand les scientifiques envisagent de mettre au point des organes artificiels, travaillent sur l'interface cerveau-machine ou sur des globules rouges capables de faire tenir des apnées de vingt-quatre heures, on utilise l'expression « human enhancement »: l'humain augmenté.

Cette évolution de la technologie tient à plusieurs découvertes majeures qui en vingt ans ont rendu possible la manipulation de la matière à l'échelle atomique. En 1981, deux chercheurs d'IBM découvrent le microscope à « effet tunnel » permettant d'observer - mais aussi de déplacer - les atomes un par un à la surface de matériaux conducteurs ; ils recevront le prix Nobel de physique pour cette invention.

En 1985, le chimiste américain Richard Smalley découvre les « fullerènes », qui lui valent un prix Nobel en 1996. Qu'est-ce qu'un « fullerène » ? Un cristal de carbone avec un design nouveau. Jusque-là, on ne connaissait que deux formes cristallines du carbone : le graphite et le diamant. Les fullerènes, eux, présentent une forme de sphère. Quel rapport avec les nanotechnologies ? C'est qu'à partir de cette sphère de carbone un chercheur japonais, Sumio Iijima, va synthétiser en 1991 un matériau de taille nanométrique encore jamais observé dans la nature : le nanotube de carbone. Imaginer un cylindre, fermé de chaque côté par deux sphères, sur lesquelles sont disposés les atomes de carbone. Un diamètre de quelques nanomètres, une longueur qui peut être mille fois plus grande. Les nanotubes de carbone sont à ce jour les matériaux les plus résistants sur Terre : cent fois plus que l'acier, mais six fois plus légers. Plus résistants que le Kevlar et le fil d'araignée. On envisage de les tisser dans les gilets pare-balles. Pour ces mêmes propriétés, résistance et légèreté, on utilise déjà des nanotubes de carbone pour la fabrication de raquettes de tennis et de clubs de golf, en remplacement de la fibre de carbone traditionnelle. Les nanotubes sont conducteurs, ce qui permet d'envisager des nanofils électriques pour fabriquer des écrans plats de télévision ou d'ordinateurs : plats mais aussi enroulables ou repliables. Et en matière d'électronique, les nanotubes de carbone semi-conducteurs pourraient ouvrir la voie à des transistors de taille moléculaire... et aux machines qui vont avec.

« Les processeurs en silicium actuellement utilisés sur les ordinateurs, explique Louis Laurent, directeur du programme « Matière et information » de l'Agence nationale de la recherche, atteindront bientôt les limites de leur miniaturisation. En employant des nanomatériaux, comme les nanotubes de carbone, on pourra fabriquer des processeurs beaucoup plus petits et rapides. On fabrique déjà des transistors de taille moléculaire dans les laboratoires. Mais avant de passer à une électronique moléculaire viable au plan industriel, il faudra résoudre des difficultés spécifiques à la dimension nanométrique, comme celle de positionner des composants aussi petits à la bonne place. Le silicium n'est donc pas près d'être abandonné. Les électroniciens envisagent dans un premier temps des solutions hybrides, comme des nanotubes de carbone intégrés dans des circuits en silicium. »

En matière de codes-barres également, les nanotechnologies vont permettre de faire plus petit et moins cher. Aujourd'hui, les puces électroniques RFID - un code-barres lisible à distance, comme le passe Navigo de la RATP - permettent déjà d'identifier des marchandises sans les sortir de leurs conteneurs. D'où une gestion des stocks plus rapide et sans faille, qui a conduit certaines chaînes de supermarchés américains à les adopter. Les associations de consommateurs se sont alarmées de ce que le RFID inséré dans un objet permette de localiser son acheteur, ou d'observer à son insu ses habitudes de consommation... Lorsqu'une étiquette RFID ne coûtera plus que quelques centimes, le moindre produit manufacturé pourra en être équipé. Concrètement, le passage de la micro à la nanotechnologie signifie que, demain, ce n'est plus seulement la carte bancaire, le téléphone portable ou l'ordinateur qui seront capables de délivrer des informations permettant de nous identifier ou de nous localiser, mais potentiellement tous les objets de notre entourage.

« La miniaturisation permet d'envisager des accessoires inédits, reprend Louis Laurent, comme une boîte noire individuelle. De la taille d'un téléphone portable, elle enregistrerait la vie de son porteur - par exemple, le son et une image par seconde. Elle fonctionnerait en permanence, retenant le moindre incident. Dotée d'un moteur de recherche puissant, elle serait capable de retrouver une scène è partir d'indications vagues, comme "la dernière fois que j'ai mangé des huîtres ?". Le propriétaire d'untel dispositif pourrait fouiller dans sa mémoire, rejouer ses souvenirs ou léguer ce patrimoine individuel numérique... » La boîte noire individuelle ou la fin de l'oubli ?

LA MÉDECINE DU FUTUR

Si la rencontre des nanotechnologies et des technologies de l'information ouvre des perspectives dignes du film Matrix, que dire des applications en biotechnologie ? Les chercheurs réfléchissent à des « médicaments intelligents » permettant de cibler des cellules malignes. Louis Laurent donne l'exemple de nanoparticules sur lesquelles on greffe des molécules qui ont tendance à se fixer sur certaines tumeurs. Une fois arrimées sur les cellules cancéreuses, les nanoparticules permettent de les traiter sélectivement - par chauffage avec un laser ou en les agitant par champ électromagnétique - sans dommage pour les cellules saines. Les premiers essais sur des animaux ont permis de résorber des tumeurs. Ce genre de techniques pourraient un jour rejoindre l'arsenal thérapeutique destiné à lutter contre le cancer.

Dans le domaine de la réparation médicale et des prothèses, Louis Laurent évoque pour le long terme la « rétine artificielle » ou encore des systèmes informatisés - à l'étude aujourd'hui - capables de stimuler les muscles pour reproduire la marche chez un paraplégique. « Les stimulateurs cardiaques, les implants cochléaires pour traiter la surdité consistent déjà à implanter une machine minuscule dans le corps quand les organes sont irréversiblement endommagés, précise-t-il. Ici encore, nous passons de la microtechnologie à la nanotechnologie. Les nanotechnologies permettent de faire plus petit, donc plus précis et mieux toléré. »

Plus surprenant encore en matière de réparation, la « médecine régénérative ». En travaillant à l'échelle nanométrique, on peut concevoir des matériaux à la fois biodégradables et capables de stimuler la croissance des tissus vivants. Alan Russell, responsable de la médecine régénérative à l'université de Pittsburgh, travaille sur la production de tissus sains : ils seraient développés à l'extérieur du corps avant d'y être insérés. Il réfléchit à un utérus capable de féconder. Au sujet de la régénération d'organes manquants, il déclare : « Si un triton peut le faire, pourquoi pas nous ! » Certains sites Internet imaginent les applications militaires, des soldats blessés dont les membres pourraient se « reconstituer ». Science-fiction ? « C'est le vieux rêve de la salamandre, répond Louis Laurent. Bien sûr, nous sommes très loin de saisir toute la complexité de la machinerie du vivant. Le fonctionnement d'une simple cellule nous dépasse. Mais nous comprenons assez certains mécanismes élémentaires pour les modifier. »

Ainsi, les nanotechnologies nous soigneront. Elles augmenteront les performances de nos ordinateurs. Elles ralentiront notre vieillissement. Mais elles agiront aussi sur notre environnement.

LA PRÉVENTION DES RISQUES ENVIRONNEMENTAUX

Du fait de leurs petites dimensions, les nanoparticules peuvent absorber des volumes de gaz importants sur une surface réduite. Cela permettra, par exemple, une plus grande efficacité du filtrage des polluants ou des pots catalytiques des véhicules. Déjà utilisées, les puces à ADN ou à protéines, dites biopuces, peuvent diagnostiquer en quelques heures la présence de bactéries dans l'eau ou l'air, en détectant des brins d'ADN complémentaires de ceux fixés sur la puce. Les biopuces sont utilisées par la Lyonnaise des eaux pour contrôler la qualité de l'eau, avec des résultats plus fins que les contrôles classiques.

La puce à ADN peut servir à endiguer les épidémies, en détectant plus rapidement la présence de virus. L'accent a été mis sur ces recherches au moment du SRAS. Il y a quelques mois, l'université du Colorado a annoncé qu'elle disposait d'une flu chip, puce capable d'identifier une souche de grippe en onze heures, contre quatre à cinq jours par les méthodes actuelles qui nécessitent une phase de culture en laboratoire. Les biopuces pourraient servir à contrôler la chaîne alimentaire ou à identifier la présence d'OGM dans les aliments. Et, en cas de conflit, servir à détecter une attaque bactériologique ou chimique...

Les nanotechnologies, révolution technologique, médicale, environnementale : peut-on parler d'un changement de civilisation ?

VERS UNE NOUVELLE CIVILISATION

Lorsque le niveau d'observation atteint celui de l'atome, les différences entre chimie, biologie et physique s'estompent. Les technologies convergent. C'est ce qu'on appelle la convergence NBIC, « nanotechnologies, biotechnologies, technologies de l'information, sciences cognitives ». Dans son rapport officiel de 2002 - Converging Technologies for Improving Human Performances, technologies convergentes pour l'amélioration des performances humaines, disponible sur le Net - la National Science Foundation (NSF) américaine, à l'origine du concept NBIC, n'hésite pas à employer le terme de « changement de civilisation ».

Cette convergence des technologies est révolutionnaire. Elle permet d'envisager à court terme un essor des communications, des soins médicaux et, en matière de développement durable, la création de matériaux recyclables ou capables de disparaître sans engendrer de pollution. Et, surtout, selon le rapport d'experts de 450 pages de la NSF, la convergence nanotechnologies-biotechnologies rend possible l'« amélioration des performances humaines » : un homme en meilleure santé, grâce à des nanorobots circulant dans son corps pour vérifier le bon état de ses artères, lutter contre le vieillissement ; un employé exemplaire aux capacités cognitives augmentées par des « interfaces cerveau-machine », capable d'apprentissage accéléré ; un soldat idéal enfin, pour les fonctionnaires de la Darpa (Defense Advanced Research Project Agency, l'agence de recherche militaire américaine) cités dans le rapport, qui estiment que « sur la scène de la guerre moderne, l'humain est devenu le maillon faible tant d'un point de vue physiologique cognitif ». Lorsque « les systèmes militaires sont limités dans leur performance par l'incapacité du corps humain à tolérer des hauts niveaux de température (...) au bien par les besoins humains en air, eau et nourriture », l'humain augmenté semble s'imposer.

Le rapport de la NSF envisage même des interconnexions entre cerveaux humains, mis en réseau comme des ordinateurs, pour créer un nouveau type de conscience collective. Ce rêve d'homme - ou de surhomme bionique n'est pas étranger à l'idéologie d'un mouvement international nommé « transhumanisme ». Les transhumanistes se donnent pour mission d'accélérer grâce aux technologies le passage à la prochaine étape de l'évolution, où des « humains augmentés » auront remplacé les hommes actuels. D'où le terme de « transhumain », humain en transition.

Quel lien avec le rapport de la National Science Foundation américaine sur la convergence NBIC ? William Bainbridge, l'un de ses deux rédacteurs, haut fonctionnaire coresponsable de l'initiative américaine sur les nanotechnologies, se trouve être l'un des chefs de file du mouvement transhumaniste.

QUELS SONT LES RISQUES ?

Alors, faut-il ouvrir une start-up sans attendre et fabriquer des nanomatériaux pour faire fortune ? Pas sûr. N'oublions pas que nous sommes en train de créer des matériaux inconnus, résistants et invisibles ! Et que le scandale de l'amiante et la polémique sur les OGM ont rendu les décideurs et les investisseurs prudents. Dès 2000 aux Etats-Unis, le président Bill Canton prévoyait que 1 % du budget de la recherche « nano » irait aux réflexions éthiques et sociales. L'Union européenne a également entamé une réflexion sur les aspects éthiques et l'évaluation des risques : citons les projets ELSA et Nanosafe. Malgré cela, les industriels, notamment américains, n'investissent pas autant qu'ils le pourraient dans ces technologies nouvelles, Pourquoi ? Une question les taraude : et si les nanomatériaux, malgré toutes leurs promesses, étaient rejetés par le public ? Signe de cette inquiétude, L'Oréal a retiré de ses publicités une référence aux nanoparticules, présentes aujourd'hui dans plusieurs marques d'écrans solaires. Signe des temps encore, la première conférence internationale sur la nanotoxicité, « Nanotox 2006 », a eu lieu en janvier 2006 en Floride. De quoi a-t-on parlé ?

Située dernière la gare Montparnasse, l'association Ecrin a pour mission de rapprocher les laboratoires et les industries afin de favoriser l'innovation. Il y règne une ambiance dynamique, presque joyeuse. Eric Charikane, la trentaine, responsable du programme « Risques » explique : « Le souci des toxicologues, c'est que les nanotubes de carbone présentent des formes allongées, exactement comme les particules d'amiante susceptibles de pénétrer dans le poumon. Les toxicologues planchent pour évaluer le risque, mais les résultats des premières études se montrent contradictoires. Dans le doute, la solution envisagée est celle du confinement : les opérateurs ne doivent pas être amenés à respirer les "poussières" de nanotubes. Concrètement, cela signifie : pas d'aérosols et éventuellement des protections étanches. Une fois l'objet fabriqué, les particules "fixées" dans le revêtement ou le composant ne sont plus censées s'échapper. »

Le confinement suffirait à évacuer la question du risque toxique ? « Pas entièrement, répond Eric Charikane. Le problème, ensuite, est de suivre l'objet jusqu'en fin de vie. Comment empêcher quelqu'un de limer sa raquette de tennis ou de faire un trou dans un mur ? » Pour lui, les assureurs, échaudés par le scandale de l'amiante, jouent un rôle de garde-fou. Les industriels doivent les convaincre de couvrir les technologies qu'ils proposent, pour ne pas prendre le risque d'un rejet institutionnel.

Méditons un instant sur la perplexité de l'assureur - ou de l'investisseur - face au calcul de risque. Quelle équation coût-avantage pourrait évaluer une révolution technologique de cette ampleur, affecter un signe « + » ou « - » à un changement de civilisation ? Quelle analyse de risque décidera de l'opportunité d'un futur homme bionique ?

Dans son livre Petite métaphysique des tsunamis (Seuil, 2005), le philosophe français Jean-Pierre Dupuy offre cette énigme, en forme de koan zen : « Un malin génie rendit visite au Premier ministre d'un certain pays et lui proposa le marché suivant : "Je sais que votre économie est languissante. Je suis désireux de vous aider à la raffermir. Je puis mettre à votre disposition une invention technologique fabuleuse, qui doublera votre production intérieure brute et le nombre d'emplois disponibles. Mais il y a un prix à payer. Je demanderai chaque année la vie de 20 000 de vos concitoyens, dont une forte proportion de jeunes gens et de jeunes filles." Le Premier ministre recula d'effroi et renvoya son visiteur sur-le-champ. Il venait de rejeter l'invention de l'automobile."

LE MONDE 2 — N° 115 — 29 avril 2006

QUI A PEUR DU « GREY GOO » ?

Aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, la littérature de science-Fiction a contribué au débat sur les nanotechnologies, bien plus connu du grand public américain que français. Dès 1986, Eric Drexler, doctorant en intelligence artificielle de l'université américaine Massachusetts Institute of Technology (MIT), décrivait dans un livre (Engines of Creation) mêlant science et science-fiction une révolution technologique basée sur la maîtrise de la matière à l'échelle nanométrique. Dans la partie la plus futuriste du livre. il prévoit le développement de nanomachines capables de se reproduire elles-mêmes, tout comme les cellules d'un organisme et de créer à leur tour d'autres nanostructures.

Le livre a suscité aux Etats-Unis de nombreuses controverses, les scientifiques accusant Drexler d'exagération et de délire. Si Drexler est aujourd'hui désavoué par la communauté scientifique, c'est pourtant son ouvrage et le lobbying de son Foresight Institute qui sont à l'origine des centaines de millions de dollars que le gouvernement américain a fait pleuvoir dès 2000 sur les laboratoires. Certes. Drexler décrit un futur d'abondance où les nanotechnologies résolvent pratiquement tous nos problèmes de pollution, santé, et vieillissement... Mais il n'hésite pas nos plus à mettre le public en garde, allant jusqu'à envisager l'hypothèse d'une « écophagie mondiale », ou grey goo (la « gelée grise »): les nanomachines se reproduisent anarchiquement, saturant bientôt tout l'environnement naturel. Bien sûr, le risque de grey goo ne peut être pris au sérieux qu'à condition de croire aux nanomachines autoréplicantes. Leur faisabilité a été contestée par la plupart des scientifiques, dont le Prix Nobel Richard Smalley. Alors, rassurés ? Il faut croire que le Sénat américain ne l'est pas tout à fait : dans son 21st Century Nanotechnology Research and Development Act, il demande officiellement qu'on étudie le risque de reproduction anarchique des nanomachines ...

Quant au prince Charles, il aurait été alerté sur les dangers des nanotechnologies par la lecture du best-seller de Michael Crichton, Prey, où l'auteur de Jurassic Park, partant d'un scénario de grey goo, imagine des nanomachines dévorant les humains pour se reproduire. L'inquiétude du prince - exprimée au moment où Tony Blair venait de lancer un ambitieux programme de recherche en nanotechnologies - a permis de lancer une étude de grande qualité sur le risque, publiée en 2004 par les deux académies royales anglaises (la Société royale et l'Académie royale des technologies).

LE MONDE 2 — N° 115 — 29 avril 2006

LE CHERCHEUR JEAN-PIERRE DUPUY :

« NOUS ENTRONS DANS UNE PHASE D'INCERTITUDE RADICALE »

Professeur de philosophie sociale et politique à l'Ecole Polytechnique et à l'université Stanford, Jean-Pierre Dupuy creuse depuis vingt ans les sujets de société « incorrects » : la théorie de la justice dans le libéralisme, la catastrophe cachée derrière la modernité, l'impact des technologies sur la pensée et la société. Son dernier ouvrage, Retour de Tchernobyl : Journal d'un homme en colère, est paru le 20 avril au Seuil, pour l'anniversaire de la catastrophe.

Expert écouté sur les questions de précaution, membre de l'Académie des technologies, Jean-Pierre Dupuy s'intéresse aux nanotechnologies depuis leur lancement. En plus d'un rapport d'expertise coécrit avec Françoise Roure pour Les ministères de l'industrie et de la recherche (« Les nanotechnologies : éthique et prospective industrielle », disponible sur le Net :

www.cgm.org/themes/deveco/develop/nanofinal.pdf ,

il a participé à la rédaction de la réponse européenne sur la convergence NBIC. « Pour un philosophe, les nanotechnologies sont un sujet idéal, dit-il. Elles soulèvent les questions de philosophie des sciences les plus avancées, la question de l'éthique, du risque et de l’incertain ... »

Nous sommes dans sa bibliothèque, face à un tableau représentant Cassandre - cadeau d'un ami malicieux. Que pense-t-il de l’« amélioration des performances humaines » décrite dans le rapport de la NSF américaine ? Faut-il croire en cet homme qui ne connaît plus de pertes de mémoire et a à peine besoin de sommeil ? Et si l'homme « augmenté » devient réalité, sera-t-il encore un homme ? « Personne n'est aujourd'hui capable de prévoir l'aboutissement réel des recherches sur l'humain augmenté », explique-t-il. En revanche, il me semble essentiel d'analyser le rêve qui sous-tend l'idée d'amélioration des performances humaines. Le vieux rêve d'échapper au monde terrestre, de décrocher la lune, a bel et bien permis de conquérir l'espace. Le philosophe Popper appelle cela le "programme métaphysique de recherche", qui précède toute découverte scientifique. Le rêve à l’oeuvre dans les nanobiotechnologies ne se limite pas à l'homme - ou au surhomme bionique, il est plus radical encore. Il s'agit de devenir Dieu. De passer du "bricolage" hasardeux des espèces dans l'évolution à celui du "design" de la nature entière, avec l'homme dans le rôle du Créateur d'objets vivants et, comme tels, incontrôlables. Il faut bien prendre la mesure de ce bouleversement. Désormais, le principe de précaution ne s'applique plus. Quand le savant cherche à imiter la vie, il souhaite implicitement que sa création lui échappe. Il ne craint pas l'incertitude, il l'appelle de tous ses voeux. Il faut avoir conscience de cela, avec la manipulation de la matière à son niveau élémentaire, nous entrons dans une phase d'incertitude radicale. »

Certaines applications militaires des nanotechnologies font frémir : des particules intelligentes capables de cibler des populations entières selon leur génotype deviennent imaginables. « Ce serait le nec plus ultra de la purification ethnique, reprend le philosophe. Depuis Hiroshima, nous ne pouvons plus ignorer que la neutralité de la science est un mythe, qui relève de la pure irresponsabilité. La vraie responsabilité pour les scientifiques est de mettre la science à la portée du public, d'accepter un débat en temps réel avec la société sur le sens de leurs recherches, avant que la question ne se pose plus. »

Entre les rayonnages de la bibliothèque de Jean-Pierre Dupuy, le tableau de Cassandre semble nous sourire.

LE MONDE 2 — N° 115 — 29 avril 2006

Que penser des nanotechnologies ?

Des applications déjà nombreuses, des risques encore très mal connus

LE MONDE | 14.10.09

Leur nom vient du grec nannos, qui signifie "nain". Elles sont à l'échelle du milliardième de mètre, soit une taille 30 000 fois inférieure à l'épaisseur d'un cheveu. Les nanoparticules sont déjà présentes dans de multiples produits de la vie courante : appareils électroniques, raquettes de tennis, cadres de vélo, pneumatiques, carburants, peintures, crèmes solaires, fonds de teint, vêtements, pansements, emballages alimentaires... Difficile à chiffrer, le marché des nanotechnologies avoisinerait déjà 750 milliards d'euros dans le monde et pourrait représenter, à l'horizon 2015, plusieurs millions d'emplois directs et indirects.

À l’échelle du nanomètre, les propriétés de la matière changent. C'est ce qui donne aux nanomatériaux des qualités de résistance, de dureté, de flexibilité, d'adhésion ou de répulsion recherchées par les industriels. Mais c'est aussi ce qui les rend plus réactifs. Or, du fait leur taille minuscule, ces particules sont susceptibles de pénétrer sous la peau et, en cas d'inhalation ou d'ingestion, de franchir les barrières intestinale, hématoencéphalique et placentaire qui protègent l'organisme.

Plusieurs rapports scientifiques soulignent leurs dangers potentiels. Des fibroses pulmonaires ont été déclenchées chez des rats ayant inhalé des nanotubes de carbone, très répandus. Les toxicologues estiment qu'à doses élevées, des pathologies pulmonaires pourraient apparaître chez l'homme. L'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) préconise d'"éviter ou limiter" l'exposition des personnels de l'industrie et de la recherche. Quant à l'impact environnemental d'une dissémination de nanoparticules dans l'air ou dans l'eau, il est encore très peu documenté.

Une autre crainte relève du domaine des libertés publiques : celle d'une surveillance de nos moindres faits et gestes par de nanorobots espions invisibles.

Pierre Le Hir

Article paru dans l'édition du 15.10.09

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/10/14/de...

Entretien

Nanoproduits : "Informer, écouter, rendre compte"

LE MONDE | 14.10.09


Pour ses partisans, il s'agit d'une expérience de démocratie directe. Pour ses détracteurs, d'un simple exercice de légitimation sociale. Toujours est-il que le débat public national sur les nanotechnologies, qui s'ouvre jeudi 15 octobre pour plus de quatre mois, est sans précédent.

De nombreuses conférences sur le "nanomonde" se sont déjà tenues, et d'autres pays ont fait s'exprimer des panels de citoyens. Mais l'ambition de cette consultation est plus vaste, explique le président de la commission chargée de l'organiser, Jean Bergougnoux, ancien directeur général d'EDF et ex-président de la SNCF, aujourd'hui consultant international.

Quel est l'objectif de cette consultation ? Désamorcer les peurs et les oppositions qui pourraient entraver le développement des nanotechnologies, comme pour les organismes génétiquement modifiés (OGM) ?

Ce débat était une promesse du Grenelle de l'environnement. Le développement durable exige de maîtriser le développement des technologies émergentes, mais aussi d'associer les citoyens à la préparation de décisions qui peuvent peser fortement sur la société. Les Français ont le sentiment que, trop souvent, on prend des décisions importantes pour leur avenir et celui de leurs enfants sans leur en parler et sans les consulter. C'est vrai pour les OGM, les ondes électromagnétiques, l'amiante... Si 5 % des Français savent aujourd'hui ce que sont les nanotechnologies, c'est un maximum.

La Commission nationale du débat public (CNDP) a été saisie en février par sept ministères pour organiser une consultation permettant d'éclairer l'action de l'État à plusieurs niveaux : secteurs de recherche à soutenir, évaluation de la toxicité pour l'homme et les écosystèmes, information et protection des travailleurs et des consommateurs, contrôle et suivi des nanoproduits...

Allez-vous travailler en toute liberté ?

Nous avons constitué une commission de sept membres venus d'horizons très différents (un docteur en théologie, une romancière, un architecte, etc.) et n'ayant rien à voir avec le monde des nanotechnologies. Notre mission tient en trois mots : informer, écouter, rendre compte. Nous allons la remplir sans parti pris, dans une totale indépendance à l'égard des pouvoirs publics.

Le débat ne risque-t-il pas de se cantonner aux spécialistes et aux associations ?

Nous ouvrons, le 15 octobre à Strasbourg, une série de dix-sept réunions publiques ouvertes à tous, dans des villes et sur des thèmes différents. La dernière aura lieu le 23 février à Paris. Nous espérons toucher ainsi entre 10 000 et 12 000 personnes. Nous misons aussi beaucoup sur notre site Internet. Nous pensons toucher ainsi plusieurs centaines de milliers de personnes. Par son ampleur, cette expérience de démocratie participative est une première.

Que répondez-vous à ceux qui, comme le collectif Pièces et Main-d'Œuvre (PMO), appellent à boycotter le débat, au motif que "participer, c'est accepter les nanotechnologies" ?

Que participer, c'est accepter de défendre ses positions. Je souhaite que toutes les opinions, y compris celles qui voient dans les nanotechnologies l'avènement d'une société totalitaire, puissent s'exprimer. Il en sera rendu compte dans le rapport final.

Précisément, quelles seront les suites données au débat ?

Dans les deux mois qui suivront sa clôture, nous en remettrons un compte-rendu détaillé et un bilan synthétique aux sept ministères concernés. Ceux-ci auront alors trois mois pour faire connaître les suites qu'ils entendent lui donner. D'ores et déjà, des questions sont clairement posées. Par exemple, la répartition des crédits entre recherche fondamentale, recherche appliquée et recherche toxicologique ; la protection des travailleurs ; ou la réglementation sur les nanoproduits durant leur cycle de vie et une fois qu'ils sont devenus des déchets.

Cette consultation n'arrive-t-elle pas trop tard, alors que les nanotechnologies ont déjà envahi notre environnement ?

Les jeux ne sont pas faits. Aujourd'hui, les nanotechnologies sont surtout présentes dans les matériels informatiques, certains produits manufacturés comme les cosmétiques, ainsi que le secteur médical. Les experts estiment que le marché va être multiplié par trois ou cinq - et peut-être davantage - dans les cinq années qui viennent. Il est donc encore temps de débattre et d'intervenir sur les choix collectifs. Je suis convaincu que l'expression de l'opinion publique peut peser très lourd et avoir un impact réel.

Les dangers des nanoparticules sont très mal connus. Le principe de précaution ne doit-il pas s'appliquer ?

Ce principe s'applique de façon proportionnée aux enjeux et aux risques. C'est ainsi que dans le domaine alimentaire, en l'état actuel des connaissances, les fabricants français et européens ne mettent pas de nanoparticules artificielles dans leurs produits. Mais le principe de précaution se prête à des interprétations diverses : certains réclament un moratoire, total ou partiel. Ce sera l'une des questions posées.

Ce débat peut-il contribuer à la définition d'une réglementation européenne sur les nanoproduits ?

Le Parlement européen est partisan d'avancer très vite dans ce domaine. La Commission de Bruxelles se donne comme échéance 2012. Parmi les problèmes en suspens, il y a le fait que la réglementation REACH sur les substances chimiques s'applique aux productions de plus de 1 tonne par an - on en est en général loin avec les nanoparticules - et que les propriétés d'un corps peuvent changer à l'échelle nanométrique. Il faut donc progresser dans la gouvernance des nanotechnologies, qui demandent un traitement spécifique. Jamais un aussi large débat sur les nanotechnologies n'a été organisé dans un pays. Il donnera plus de légitimité au gouvernement français pour s'exprimer dans les instances européennes.

Sur le Web : www.debatpublic-nano.org.

Propos recueillis par Pierre Le Hir

Le Monde du 15.10.09

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/10/14/nanoprod...

Nanotechnologies : le point de vue environnemental

LEMONDE.FR | 15.10.09

Internetactu.net


« Dans les années 80, la nanotechnologie offrait du rêve à tous ceux qui se sentaient soucieux de l’avenir de la planète. Il devenait évident qu’il faudrait un jour réduire la quantité de matière et d’énergie consommée pour fabriquer toutes nos machines. La nanotechnologie, alors balbutiante, allait, espérions-nous, libérer l’industrie de l’utilisation massive de matériaux pour la faire entrer dans une ère de développement durable ».

L’an passé, Christian Joachim, pionnier de la manipulation à l’échelle atomique, rappelait dans un livre intitulé "Nanosciences : la révolution invisible" (extrait) comment "les" nanotechnologies ont détourné "la" nanotechnologie de son projet durable.

Car depuis les années 80, les industriels se sont emparés du sujet, et plutôt que d’attendre une hypothétique viabilité de "la" nanotechnologie, ils ont misé sur "les" nanotechnologies qui, rappelait Joachim, "ne concernent plus seulement la manipulation de la matière atome par atome, mais qui font référence à toutes ces techniques permettant de fabriquer de 'petits objets'" :

"Aujourd’hui, les nanotechnologies ne sont pas associées à l’espoir d’une industrie plus économe des ressources de la planète, mais au contraire à des craintes : ne sont-elles pas toxiques ? Ne risquent-elles pas de nous échapper ?"

Alors qu’on répertorie d’ores et déjà plus de 1000 produits de grande consommation en vente dans le commerce incluant des nanomatériaux (cf Nanotechnologies : ce qui se vend), le Bureau européen de l’environnement (EEB, qui se présente comme "la voix environnementale des Européens", et qui fédère plus de 140 ONG dans 31 pays), et le Réseau international pour l’élimination des Polluants organiques persistants (IPEN, qui réunit plus de 700 ONG, dans plus de 80 pays), ont voulu faire le point sur la question :

"Les nanotechnologies nous sont présentées comme susceptibles d’offrir des solutions technologiques inédites à nombre des problèmes environnementaux tels que le réchauffement climatique, la pollution et l’accès à l’eau potable. Ses partisans affirment qu’elles peuvent contribuer au développement économique et susciter de nouveaux produits et marchés tout en réduisant de façon notable notre empreinte écologique".

Dans leur rapport intitulé "Nanotechnologie et environnement : un décalage entre les discours et la réalité (.pdf), les deux fédérations d’ONG environnementales estiment, a contrario et sur la base de plusieurs dizaines d’études et rapports académiques et scientifiques, que cette vision quasi angélique masque "de sérieux risques environnementaux, ainsi que des coûts cachés qu’on aurait tort d’ignorer" : "La "face cachée" du coût environnemental de la production de nanomatériaux (tels qu’une demande accrue en énergie et en eau) est rarement reconnue, alors que leurs "bénéfices" affichés sont souvent exagérés, non testés et, dans un grand nombre de cas, à des années de pouvoir être concrétisés."

UNE PRODUCTION PLUS PROPRE… OU PLUS SALE ?

Chimie "verte", réduction de la consommation de ressources naturelles et de matières premières… pour leurs promoteurs, les nanotechnologies peuvent contribuer à la réduction de l’empreinte écologique des processus industriels.

Or, estiment les auteurs du rapport, la fabrication de nanomatériaux requiert énormément d’eau et d’énergie, produit (paradoxalement) beaucoup de déchets, pour des rendements somme toute plutôt faibles.

De plus, les produits chimiques utilisés, ainsi que les nanomatériaux eux-mêmes, sont souvent "hautement toxiques", générateurs de gaz à effet de serre contribuant au réchauffement climatique et à l’épuisement de la couche d’ozone.

Enfin, et en l’état des connaissances, il serait illusoire de croire que l’on pourrait mettre en place une gestion durable du cycle de vie des nanotechnologies d’ici, au mieux, une quinzaine d’années.

Surveillance et assainissement de l’environnement, filtration des eaux polluées ou potables, réduction de la pollution agricole… les nanotechnologies sont pourtant présentées comme susceptibles de contribuer au respect, et à la préservation, de l’environnement.

Or, le rapport souligne également qu’on ne dispose pas, à ce jour, du profil écotoxicologique des nanomatériaux d’ores et déjà disponibles sur le marché. S’en servir pour filtrer l’eau, ou comme pesticides, serait donc non seulement hasardeux, mais risquerait également d’accroître la dépendance des paysans et habitants des pays pauvres envers des entreprises privées occidentales, au détriment d’autres méthodes, locales et moins coûteuses.

Dans un rapport (.pdf) consacré à la nanotoxicologie, le projet européen NanoSafe2, chargé de "développer une stratégie de risque et de management pour une production industrielle sécurisée de nanoparticules" relève ainsi que :

"L’étude des effets toxiques des nanomatériaux est encore en cours et de nombreuses questions n’ont toujours pas de réponses. Le nombre de nanoproduits évolue très rapidement. Il est dès lors urgent d’examiner, pour chacun d’entre eux, les risques d’exposition et leur toxicité potentielle. De nouvelles méthodes de toxicité doivent être développées et validées. L’impact potentiel sur la santé humaine et l’environnement devrait être testé sur l’ensemble du cycle de vie des matériaux."

UN NOUVEAU SCANDALE DE L’AMIANTE ?

Le problème est aussi sanitaire : plusieurs études ont ainsi démontré, soulignent l’IPEN et l’EEB, que des nanomatériaux d’ores et déjà disponibles dans le commerce pouvaient endommager l’ADN humain, entraîner la mort de certaines cellules, s’avérer toxiques pour certaines espèces végétales et animales, nuire à la reproduction des vers de terre (dont le rôle, dans l’écosystème, est fondamental).

Les nanotubes de carbone, utilisés afin d’augmenter l’efficacité des batteries au lithium, et d’alléger voitures et avions, sont censés permettre d’effectuer de notables réductions de la consommation d’énergie, mais il est impossible de savoir si leur production entraînera plus, ou moins, de consommation énergétique que leur utilisation ne permettra d’en économiser…

Pour en revenir à la santé, plusieurs études ont démontré que certains nanotubes de carbone causaient des inflammations et fibroses pouvant entraîner attaques cardiaques et dommages génétiques, ainsi que le mésothéliome, forme rare et virulente de cancer connue jusque-là comme résultant de l’exposition à l’amiante.

En août dernier, une étude publiée dans l’European Respiratory Journal faisait, pour la première fois, le lien entre l’exposition à des nanoparticules et le développement de maladies chez l’homme : sept travailleuses chinoises, admises à l’hôpital, avaient été exposées, plusieurs mois durant et sans se protéger suffisamment, à des nanoparticules dans leur atelier de peinture. Elles souffraient d’éruptions cutanées, et d’affections du poumon, du fait de la présence, dans leurs organismes, de nanoparticules nuisant au bon fonctionnement de leurs coeurs et de leurs poumons. Deux en sont mortes.

Dans un autre rapport (.pdf) consacré à l’impact sanitaire et environnemental des nanomatériaux, l’EEB pointe également du doigt l’absence d’information sur les volumes de production, la nature des procédés et des nanomatériaux utilisés (sous couvert, notamment, du secret industriel), les risques accrus d’exposition pour les êtres humains, et de dispersion dans l’environnement, d’autant que l’on ne connaît pas les risques potentiels que font peser, à moyen et long terme, chacun de ces nanomatériaux.

Du fait de leur nature chimique, mais aussi de leurs propriétés physiques (dimension, surface, forme et structure), les nanoparticules se comportent de façons très différentes, et peuvent, par inhalation, ingestion ou absorption au travers de la peau ou des organes internes, traverser des barrières qui, d’ordinaire, protègent nos organes de toute intrusion extérieure. Ainsi, certains nanomatériaux seraient susceptibles de traverser la barrière placentaire, et aller au contact de bébés avant même qu’ils ne soient nés, affirment les rapporteurs.

Non seulement les scientifiques, et ceux qui s’intéressent aux nanotechnologies, sont encore bien souvent à court de réponses, mais les perspectives offertes doivent aussi les inciter à se poser de nouvelles questions.

Dans leur réponse (.pdf) à la consultation publique européenne sur le volet scientifique de la nanotechnologie, l’EEB et la branche allemande des Amis de la Terre estiment ainsi qu’il convient aussi de débattre des enjeux sanitaires, éthiques et législatifs des prochaines générations de nanomatériaux, des médicaments "intelligents" ciblant telles ou telles types de cellule jusqu’aux espoirs transhumanistes de biologie synthétique ou d’augmentation du corps humain.

Sans attendre jusque-là, la commission royale britannique sur la pollution environnementale notait de son côté l’an passé que de nombreuses nanoparticules s’agglomèrent dans la nature, formant de bien plus larges structures dont les propriétés toxicologiques pourraient être différentes de celles des nanomatériaux d’origine.

De même, notent l’EEB, on ne dispose pas de données sur les effets qu’engendreront les "cocktails" de nanomatériaux auxquels nous serons confrontés, tant à l’extérieur pour ceux qui auront été relâchés dans la nature, qu’à l’intérieur pour ceux que nous aurons ingérés, inhalés ou qui auront traversé l’épiderme.

Une nouvelle révolution industrielle

La fin de vie des nanomatériaux est elle aussi sujette à caution, et l’on ne sait pas vraiment en quelle mesure ils peuvent être recyclés. Or, 95% des nanoparticules utilisées en cosmétique, dans les peintures et enduits, pourrait se retrouver dans les eaux usées, et même enfouis ou incinérés, les nanotubes de carbone - dont la production, en 2007-2008, est estimée à 350 tonnes - sont susceptibles de rester intacts, et de se disperser dans l’air ou l’environnement.

Dans un précédent rapport (.pdf), consacré cette fois aux "nanotechnologies vertes", l’EEB revenait également sur cette "nouvelle révolution industrielle" en rappelant que, de leur temps, l’amiante et le DDT avaient eux aussi été parés de toutes les vertus, avant de causer les dégâts que l’on connaît.

Prenant l’exemple des nanotechnologies environnementales dont le marché, à l’horizon 2010, est estimé à 6,1 milliards de dollars, et qui sont censées aider à la décontamination environnementale, et à l’amélioration de la gestion des déchets, l’EEB s’interroge :

"Comment être sûr que la technologie utilisée est non seulement efficace mais aussi moins toxique que les polluants qu’elle est censée nettoyer ? Les nanoparticules utilisées pour filtrer les polluants finiront-elles dans la chaîne alimentaire, à dégrader les sols, entraîner des maladies végétales, et contaminer les terres agricoles ?"

L’EEB n’en reconnaît pas moins que les nanotechnologies joueront, par exemple, un rôle important dans la "production", la désalinisation et la purification de l’eau, "qui sont devenues une véritable industrie". Ainsi, le département de Dow Chemical qui en a la charge est celui dont le chiffre d’affaires (500 M$) a le plus rapidement progressé en 2006.

Mais l’EEB et l’Ipen y voient aussi une fuite en avant technologique qui, plutôt que d’apporter des solutions aux problèmes urgents de l’humanité, constituerait surtout une "nouvelle vague" d’expansion industrielle, avec son corrélat d’exploitation des ressources énergétiques et d’exacerbation des destructions environnementales.

LA QUESTION N’EST PAS TECHNOLOGIQUE, MAIS POLITIQUE

Project on Emerging Nanotechnologies (PEN), une fondation américaine qui veut oeuvrer à plus de transparence en matière de nanotechnologies, avait estimé que plus de 58 000 tonnes de nanomatériaux seraient produites entre 2011 et 2020, et que leur impact écologique pourrait être équivalent à celui posé par entre 5 millions et 50 milliards de tonnes de matériaux conventionnels…

Cette valse de chiffres témoigne bien du faible niveau de connaissances et de données disponibles à ce jour sur ce que deviendront les nanomatériaux et les façons qu’ils auront de se disséminer dans la nature et notre environnement. D’autant que, du fait de l’absence de réglementation, les industriels ne sont pas tenus d’informer les consommateurs de la présence de nanomatériaux dans leurs produits.

En février dernier, l’EEB rendait publiques ses "exigences en vue d’une gouvernance durable pour les nanomatériaux (.pdf)" : "L’exigence essentielle de l’EEB, c’est qu’aucune nouvelle mise sur le marché ne soit autorisée pour les produits contenant des nanomatériaux manufacturés susceptibles de conduire à l’exposition des consommateurs ou de l’environnement. (…)

Les produits de ce type déjà sur le marché devraient être réglementés au titre de l’approche REACH fondée sur le principe "pas de données, pas de marché" et devraient donc être retirés de la circulation commerciale."

La fédération d’ONG environnementales appelait également la Commission européenne à exiger l’évaluation et l’approbation des utilisations des nanomatériaux avant leur mise sur le marché, tout en notant que "l’expérience relative à la législation REACH (la réglementation la plus complète de l’UE sur les produits chimiques) a déjà mis en évidence les limitations de cette législation en ce qui concerne les nanomatériaux et montré que les outils de mise en œuvre actuels (par exemple les méthodes de test, la nécessité de communiquer les résultats des tests, etc.) ne s’appliquent pas au niveau nano".

Dès lors, l’EEB appelle à la révision de la législation existante, à l’élaboration d’une réglementation spécifique au secteur nano, à l’application du principe de précaution et du principe "pollueur payeur", et à l’établissement d’"un label obligatoire UE qui serait un outil d’identification des produits contenant des nanomatériaux manufacturés susceptibles de conduire à l’exposition des consommateurs ou de l’environnement".

Notant qu’"à l’heure actuelle, la grande majorité des fonds de recherche en nanotechnologies dans l’UE porte essentiellement sur le développement technologique, axé sur l’amélioration de la compétitivité et de la croissance", l’EEB appelle la Commission à donner la priorité au financement des recherches sur les impacts éventuels sur les systèmes humains et naturels.

La conclusion de son étude conjointe avec l’IPEN soulignait bien le manque de vision politique et sociale du débat autour des nanotechnologies tel qu’il s’est pour l’instant déroulé : "la nanotechnologie est la dernière innovation technologique nous promettant de guérir de nombreux maux humains et environnementaux. En se focalisant sur la nanotechnologie isolément, le risque est grand de ne s’intéresser qu’aux seuls impacts technologiques" : "La nanotechnologie, comme la biotechnologie, va bien au-delà de notre connaissance des systèmes et cycles naturels, et de notre capacité à surveiller et contrôler ses effets négatifs non désirés.

Sans analyse des risques et cycles de vie susceptibles de contre-balancer la commercialisation de produits à haut risque n’ayant pas encore démontré leur intérêt social, les coûts environnementaux pourraient s’avérer très élevés, et la technologie dans son ensemble être rejetée par le grand public.

Cela ne peut qu’entraîner des troubles sociaux dans la mesure où le public n’est pas capable de participer au processus de décision social, faute de pouvoir comprendre les tenants et aboutissants de la discussion, et leur confiance dans les pouvoirs publics et les entreprises privées ne peut qu’en être érodée.

Les nanotechnologies sont un exemple de réponse technologique à des problèmes qui requièrent, en réalité, des réponses sociales, économiques et/ou politiques."

Jean-Marc Manach

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/10/15/nan...

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